Lutte contre les espèces exotiques envahissantes à La Réunion
Perceval Gaillard (auteur)
M. Perceval Gaillard appelle l'attention de Mme la ministre des outre-mer sur la lutte contre les espèces exotiques envahissantes à La Réunion. Amenées par l'homme, volontairement ou involontairement, les espèces exotiques envahissantes se propagent et menacent la biodiversité locale, ainsi que l'économie et la société, y compris la santé de la population. De plus, les changements climatiques pourraient accentuer l'ampleur et les effets négatifs des phénomènes d'invasion biologique. À La Réunion, dès la fin du XIXe siècle, une prise de conscience de l'impact des espèces invasives émerge et forge, au fil des années, la mise en place d'une stratégie de lutte. La commune des Avirons, située sur la circonscription de M. le député, propose de faire évoluer cette stratégie à La Réunion. Aujourd'hui, les Réunionnaises et les Réunionnais doivent prendre part à cette lutte collective. Une mobilisation populaire, organisée, rémunérée et scientifiquement encadrée permettrait de changer d'échelle et de gagner en efficacité. La commune des Avirons propose d'effectuer une expérimentation au Tévelave. En effet, le Tévelave a vu naître en 1937 Thérésien Cadet, pionnier dans la recherche et l'étude de la biodiversité sur la flore des Mascareignes. Aujourd'hui, ce quartier accueille un véritable tiers-lieu de la biodiversité : le domaine Bois Laurent Martin. Cette station expérimentale s'appuierait sur l'expertise d'une ou deux associations locales d'ores et déjà existantes. Cette stratégie reposera sur ce triptyque : arracher, surveiller, restaurer. L'objectif est de savoir si cette méthode permet réellement de faire reculer durablement les invasives et de favoriser la reconquête de la biodiversité originelle. Pour ce faire, une première enveloppe de 300 000 euros à la rémunération des apports y serait consacrée. Si les résultats sont concluants, la commune des Avirons propose la création d'un fonds de 3 millions d'euros destiné à rémunérer directement l'arrachage de certaines espèces exotiques envahissantes sur l'ensemble de La Réunion. Ce fonds sera financé par plusieurs acteurs : la région Réunion, le département, l'État, l'Office français de la biodiversité, les fonds européens et, lorsque cela sera pertinent, les communes, les intercommunalités et des partenaires privés. La Réunion est classée parmi les 36 points chauds de biodiversité, également appelés zones critiques de biodiversité, dans le monde. Comme le disait Thérésien Cadet, « la disparition d'une espèce vivante est une insulte à la création, est une plaie que l'on inflige à la nature et qui est inguérissable ». Il faut agir maintenant, collectivement, afin de protéger cette biodiversité. Ainsi, il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour accompagner financièrement et techniquement cette initiative locale, et s'il envisage de soutenir la création d'un fonds dédié à la lutte contre les espèces exotiques envahissantes à La Réunion.
La source —
assemblee_questions_ecrites · nº QANR5L17QE18792
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