Prise en charge de la formation en LSF pour les parents d'enfants sourds
Loïc Prud'homme (auteur)
M. Loïc Prud'homme attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès de la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, chargée de l'autonomie et des personnes handicapées, sur l'absence de prise en charge par la sécurité sociale des cours de langue des signes française (LSF) destinés aux parents d'enfants sourds. En France, environ 95 % des enfants sourds naissent dans des familles entendantes, pour lesquelles cet enfant est généralement la première personne sourde rencontrée. Ces parents, ne maîtrisant pas la LSF, se trouvent démunis pour communiquer avec leur enfant dès les premiers mois de vie, alors qu'un accès précoce à une langue naturelle est indispensable au développement cognitif, affectif et social de l'enfant. L'absence d'exposition à une langue accessible expose en effet les enfants sourds à un syndrome de privation langagière, aux conséquences graves et durables : retards cognitifs, difficultés scolaires, troubles de la santé mentale et altérations cérébrales irréversibles. Or, si la France prend intégralement en charge le coût de l'implantation cochléaire (environ 44 000 euros par enfant) ainsi que les séances d'orthophonie (jusqu'à 38 000 euros sur la durée de la prise en charge), aucun dispositif systématique ne permet de financer l'apprentissage de la LSF par les parents, dont le coût moyen s'élève à environ 5 000 euros par personne. Cette asymétrie de financement entre la voie médicale, gratuite, et la voie linguistique, payante, crée une inégalité structurelle dans le choix éducatif et thérapeutique des familles et pénalise en particulier celles qui souhaitent s'orienter vers une éducation bilingue. Cette situation apparaît d'autant moins justifiable que la mesure inverse serait économiquement rationnelle : le coût d'un seul implant cochléaire permettrait de financer la formation de treize parents à la LSF. Il lui demande donc si elle entend mettre en place une prise en charge de la formation en LSF pour les parents d'enfants sourds, afin de garantir à chaque famille la possibilité de choisir librement et en connaissance de cause le mode de communication le mieux adapté à son enfant. Cette mesure de prévention et de justice sociale s'inscrirait pleinement dans les engagements pris par la France au titre de l'article 7 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, ainsi que dans les objectifs de maîtrise des coûts à long terme portés par le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). Il souhaite connaître sa position à ce sujet.
La source —
assemblee_questions_ecrites · nº QANR5L17QE18805
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé