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6 octobre 2026 · Assemblée nationale · Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées · question Question

Financements de la recherche sur les cancers : répartition et transparence

Alexandre Allegret-Pilot (auteur)

M. Alexandre Allegret-Pilot appelle l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur les écarts de financement de la recherche entre les différentes localisations cancéreuses et sur l'absence de publication annuelle permettant de confronter ces financements à leur poids sanitaire. Les données disponibles mettent en évidence des différences importantes entre cancers. Ainsi, en France, en 2023, le cancer du sein a causé 12 994 décès et le cancer du pancréas 13 375 décès. Malgré une mortalité désormais comparable, l'analyse des projets français recensés entre 2018 et 2022 dans la base de l'International Cancer Research Partnership fait apparaître 247 projets consacrés au cancer du sein contre 72 au cancer du pancréas. Plus généralement, la confrontation du nombre de projets de recherche à la mortalité fait apparaître des écarts substantiels entre les différentes localisations cancéreuses. Certaines pathologies très meurtrières, notamment les cancers du poumon et du pancréas, représentent une part des projets de recherche sensiblement inférieure à leur part dans la mortalité par cancer. Ces différences peuvent naturellement résulter de multiples facteurs scientifiques : existence d'équipes de recherche, qualité des projets présentés, maturité des connaissances, possibilités thérapeutiques, besoins de recherche fondamentale ou clinique. Il apparaît néanmoins nécessaire que les critères qui conduisent à de tels écarts puissent être connus et objectivés. La répartition des financements ne saurait en effet dépendre exclusivement de la visibilité sociale ou médiatique d'une pathologie ou de la capacité des malades et des associations à se mobiliser. Elle doit également pouvoir être appréciée au regard d'indicateurs objectifs de charge sanitaire tels que la mortalité, l'incidence, les années de vie perdues, le pronostic, l'évolution de la mortalité et les perspectives de progrès thérapeutique. Ainsi, il lui demande de préciser, pour chacune des principales localisations cancéreuses, le montant des financements publics consacrés à la recherche au cours des cinq dernières années en distinguant lorsque cela est possible les crédits de l'Institut national du cancer, de la direction générale de l'offre de soins, de l'Inserm et des autres opérateurs publics concernés, d'indiquer, dans la mesure où ces données sont disponibles, le montant des financements privés consacrés à la recherche pour chacune des principales localisations cancéreuses, notamment ceux provenant des fondations, associations, organismes philanthropiques, collectes auprès du public et mécénat d'entreprise, ainsi que les modalités selon lesquelles ces données sont aujourd'hui recensées ou agrégées, de détailler les critères utilisés pour déterminer la répartition des financements publics entre les différentes localisations cancéreuses en précisant dans quelle mesure la mortalité, l'incidence, les années de vie perdues, le taux de survie et l'évolution épidémiologique des cancers sont pris en compte dans cette allocation, et enfin si le Gouvernement envisage de publier chaque année un tableau consolidé présentant, pour chaque grande localisation cancéreuse, d'une part les financements publics de recherche, d'autre part les financements privés identifiables, mis en regard des principaux indicateurs de charge sanitaire, ainsi qu'une explication des écarts les plus significatifs.
La source — assemblee_questions_ecrites · nº QANR5L17QE18830
↗ https://questions.assemblee-nationale.fr/q17/17-18830QE.htm
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