Situation de la recherche en France
· Clôturée
Pierre Laffitte (auteur)
M. le président. La parole est à M. Pierre Laffitte.
M. Pierre Laffitte. Depuis dix-huit ans, la commission des affaires culturelles réclame à la fois une modification des structures et une augmentation de la prise en compte du caractère crucial de la recherche et de l'innovation en France.
M. Didier Boulaud. Absolument !
M. Pierre Laffitte. Ce n'est pas la médiatisation de la pétition signée par de nombreux chercheurs (Mme Marie-Claude Beaudeau s'exclame.) qui me fera changer d'avis sur les priorités en la matière. Par rapport aux autres budgets, celui de 2004 a démontré qu'il y avait des priorités. (Exclamations sur les travées du groupe socialiste.) Je ne parle pas de 2003, mais de 2004 !
M. Raymond Courrière. Les crédits sont gelés !
M. Pierre Laffitte. Sur le plan du financement public de la recherche, la priorité est manifeste : nous sommes les meilleurs en Europe. (Nouvelles exclamations sur les travées du groupe socialiste.)
M. Adrien Gouteyron. C'est indiscutable !
M. Michel Dreyfus-Schmidt. Et les gels de crédits ?
M. Pierre Laffitte. Les gels sont reportés ! De plus, c'est une pratique ancienne : elle existe depuis seize ans ! (Protestations sur les mêmes travées.)
Ce que l'on a appelé la révolte des chercheurs a de multiples causes, qui, hélas ! correspondent à une réalité européenne, sinon paneuropéenne, très ancienne. (Ah ! sur les travées du groupe socialiste.)
Depuis plus de dix ans, nous constatons que le développement de la recherche, notamment aux Etats-Unis, est beaucoup plus important qu'en Europe : actuellement, chaque année, les Etats-Unis dépensent 50 milliards de dollars de plus que l'Europe en matière de recherche.
Bien évidemment, les conséquences en sont d'autant plus graves qu'en Europe la culture scientifique et technique laisse à désirer : le progrès technique - ce n'est pas Ivan Renar qui me contredira - est contesté, même si la demande pour les téléphones mobiles ou les soins médicaux existe. C'est un fait : le progrès n'est pas à l'honneur !
Même sur ces travées, de nombreuses autres priorités sont constamment brandies.
Mme Nicole Borvo. C'est vrai !
M. Pierre Laffitte. Nous ne sommes pas innocents en la matière !
Les jeunes délaissent les études scientifiques. L'écart entre les Etats-Unis et l'Europe se creuse.
Il existe probablement une autre raison, encore plus importante et peu admissible, à cette situation : le refus d'admettre qu'une partie des fonds publics s'oriente vers le financement incontrôlé de structures. Ce contrôle est pourtant indispensable et réclamé depuis longtemps.
M. le président. Veuillez poser votre question, mon cher collègue !
M. Pierre Laffitte. Madame la ministre, vous avez pris la courageuse initiative d'une réforme des structures. Je pense qu'il faut la conforter en relançant les grands programmes fédérateurs, non seulement français mais aussi européens, et par d'autres initiatives en la matière.
Madame la ministre, je vous saurai donc gré de nous indiquer quelles initiatives vous entendez prendre, à la suite des demandes du Président de la République et des nôtres. (Applaudissements sur les travées du RDSE, de l'Union centriste et de l'UMP.)
M. le président. La parole est Mme la ministre déléguée, qui est très sollicitée aujourd'hui !
La source —
senat_questions · nº 1010058:10246a1176d:-11c8
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