Banalisation du livret A
· Clôturée
Gérard Delfau (auteur)
M. Gérard Delfau attire l'attention de Mme la ministre de l'économie, des finances et de l'emploi sur l'ultimatum de la Commission européenne concernant la banalisation du livret A et exhorte le Gouvernement à y résister. Symbole de la collecte de l'épargne populaire, le livret A compte 45 millions de titulaires. Il constitue, pour certains, le seul outil financier dont ils disposent encore. Ses vertus sont nombreuses : sécurité pour ses bénéficiaires qui n'ont jamais été spoliés depuis 1884 ; peu coûteux pour les finances publiques ; ses fonds financent la construction du logement social grâce à une gestion sécurisée par la Caisse des dépôts. Pour toutes ces raisons, le Gouvernement ne doit pas céder aux pressions de la concurrence européenne. Si le livret A était laissé aux mains du secteur bancaire privé, non seulement ses fonds seraient siphonnés et transférés vers des placements plus rentables mais la principale source de financement de la construction de logement social serait réduite comme une peau de chagrin alors que la demande n'a jamais été aussi forte et l'opinion publique aussi mobilisée. Concrètement, que vont devenir les mesures du plan Borloo dont le financement repose à 80 % sur le livret A, l'engagement à produire le double de logements sociaux ou encore le programme national de rénovation urbaine ? Sans oublier La Poste, distributeur historique du livret A (15 % de son chiffre d'affaires), qui assoit sur cette activité le financement de son réseau en zone rurale et dans les quartiers sensibles. Le Gouvernement a-t-il décidé de fermer des milliers de bureaux de poste ? Enfin, dernier aspect préoccupant : la centralisation des fonds par la Caisse des dépôts, qui en gère l'affectation pour le logement social, va-t-elle disparaître au profit des banques privées et de leurs actionnaires ? Pour toutes ces raisons, il estime que la banalisation du livret A serait lourde de conséquences sociales et d'injustice pour la majorité des Français. C'est pourquoi il en appelle à une politique du logement social ambitieuse et respectueuse de l'intérêt général contre la seule logique du profit et la libre concurrence et demande au Gouvernement quelles mesures il compte prendre pour répondre à la Commission européenne concernant le livret A.
La source —
senat_questions · nº 18f1a31:1170b9b53f9:-7fad
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