Situation de l'emploi
· Clôturée
Claude Jeannerot (auteur)
M. Claude Jeannerot. Monsieur le président, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, ma question s'adresse à M. le ministre du travail, de l'emploi et de la santé. Elle concerne le fonctionnement de Pôle emploi.
Parce qu'ils ont du bon sens, nos concitoyens savent bien que, face au déficit abyssal des comptes de l'État, il faut faire des économies. Mais ils ne comprennent pas que cette recherche d'économies s'exerce tous azimuts, y compris sur des domaines aussi essentiels que celui de l'emploi.
Ainsi, le service public de l'emploi n'est pas épargné par votre politique de rigueur. Vous envisagez de réduire ses moyens, et ses personnels, vous le savez, sont très inquiets. Sommes-nous sortis de la crise, sur le front de l'emploi, pour justifier une telle mesure ? De toute évidence, non.
M. Guy Fischer. Effectivement !
M. Claude Jeannerot. Certes, en octobre dernier, le nombre des chômeurs a très légèrement diminué par rapport au mois précédent. Cette donnée ne doit cependant pas nous en faire oublier d'autres, moins flatteuses, mais bien réelles : le nombre des chômeurs de longue durée a progressé de 23 % en un an et la durée moyenne d'inscription au chômage ne cesse de s'allonger. Les plus touchés sont les jeunes : un sur quatre est sans emploi. On sait depuis hier que, en zone urbaine sensible, un homme jeune sur deux – chiffre terrible ! – est au chômage.
M. Guy Fischer. Voilà la réalité ! (Oui ! sur les travées du groupe CRC-SPG et du groupe socialiste.)
M. Claude Jeannerot. Cette situation devrait, à l'évidence, conduire le Gouvernement à renforcer les moyens d'accompagnement des chômeurs au retour à l'emploi ou à l'entrée en formation. Ces moyens, monsieur le ministre, ont fait la preuve de leur efficacité économique et sociale.
Vous envisagez précisément de faire le contraire en amputant la politique de l'emploi de ses moyens d'action, notamment en décidant de supprimer 1 800 emplois à Pôle emploi.
Comment cette politique est-elle compatible avec la volonté affichée par le Président de la République de doubler le nombre de jeunes admis en formation en alternance ?
Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. Ce n'est pas fait : les patrons n'en veulent pas !
M. Claude Jeannerot. Monsieur le ministre, alors que la fracture sociale ne cesse de s'aggraver, notamment dans les territoires urbains sensibles, quelles mesures comptez-vous prendre pour permettre au service public de l'emploi d'exercer correctement sa mission ? (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et du groupe CRC-SPG.)
La source —
senat_questions · nº a9a32c:12d26f1f850:-7c60
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