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12 janvier 2011 · Sénat · Santé · question Question

Le trafic de médicaments

· Clôturée

Ronan Kerdraon (auteur)

M. Ronan Kerdraon. Monsieur le président, madame la secrétaire d'État, mes chers collègues, un médicament n'est pas un produit comme un autre ; cela a été rappelé à l'instant et l'actualité récente, avec le Mediator, le prouve. Un médicament mal utilisé ou contrefait ne soigne pas, et ses effets secondaires peuvent provoquer une grave dégradation de la santé des patients, voire entraîner la mort. La contrefaçon de médicaments est donc criminelle ! Cela a également été rappelé, le marché de la contrefaçon est très lucratif. Il représenterait environ 10 % du marché mondial du médicament et rapporterait aux trafiquants entre 50 milliards d'euros et 75 milliards d'euros par an. Chacun d'entre nous doit mesurer qu'il s'agit là d'un fléau aussi grave que le trafic de drogues. Dans les pays pauvres, en particulier en Afrique, ce sont ainsi des centaines de milliers de femmes, d'hommes et d'enfants qui trouvent la mort alors qu'ils pensent se soigner. Tous les experts le reconnaissent, c'est sur le « terreau » de la pauvreté que ce fléau prospère le mieux. L'Organisation mondiale des douanes a d'ailleurs qualifié ce trafic de « crime du XXIe siècle ». En effet, ces médicaments contrefaits concernent le plus souvent des pathologies graves. Pire, ils peuvent contribuer à réduire à néant les efforts faits pour endiguer les grandes épidémies. Dès lors, se pose la question des moyens susceptibles d'endiguer de telles pratiques. Il est impératif de déclarer la mobilisation générale des systèmes douaniers, des polices nationales, d'INTERPOL et de l'OMS. Des solutions existent ! Il faut résoudre les problèmes de prévention, apporter des réponses répressives plus dissuasives, mais, surtout, il faut résoudre les problèmes financiers de l'accès aux médicaments essentiels. Il est primordial de lutter contre le trafic de médicaments non pas parce que certains gros industriels y perdent de l'argent, mais parce que des gens en meurent ! Mme Marie-Thérèse Hermange. Exactement ! M. Ronan Kerdraon. En cela, l'appel de Cotonou, lancé le 12 octobre 2009 et formalisé par la déclaration de Zanzibar, va dans le bon sens. Mais, après les intentions, il est temps de passer aux actes ! Cet appel doit trouver une application réelle et efficace. Madame la secrétaire d'État, quelles sont les actions que la France entend initier avec les organisations internationales et l'ensemble des pays émergents ou en voie de développement pour contribuer à lutter efficacement contre ces activités criminelles ? (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste.)
La source — senat_questions · nº c5186e:12d6ee74351:-5e30
↗ https://www.senat.fr/questions/base/2011/qSEQ11010133C.html
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