Devenir de la voie technologique industrielle
· Clôturée
François Patriat (auteur)
M. François Patriat attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative sur la place accordée aux enseignements de sciences technologiques dans la prochaine réforme de la voie technologique programmée pour la rentrée 2011.
Alors que la désindustrialisation constitue l'une des menaces les plus importantes pesant sur l'économie française, l'enseignement des sciences technologiques et industrielles apparaît plus que jamais essentiel. Les emplois industriels représentent aujourd'hui 25 à 30 % de l'emploi total dans notre pays et offrent donc d'importantes opportunités d'emplois. Par ailleurs, ces filières offrent aux élèves un accès privilégié aux métiers d'ingénieurs ou de techniciens supérieurs, qui constituent des voies d'insertion professionnelle importantes, notamment pour les élèves issus de milieux défavorisés.
Dans ce contexte, les voies scientifiques, avec la dominante sciences de l'ingénieur et la voie des sciences et technologies industrielles, doivent donc être particulièrement mises en valeur. La réforme de la voie technologique remettrait en cause tous les aspects qui font sa force et justifient sa place. Elle perdrait en l'occurrence sa connexion avec l'industrie, en totale contradiction avec sa nouvelle appellation "sciences et technologie de l'industrie et du développement durable". Le travail pratique autour de l'objet technique disparaîtrait complètement, au profit d'un élargissement, illusoire, des compétences générales des élèves, sans aucune application pratique.
Cette hiérarchie entraînerait une diminution des heures d'enseignement offertes aux élèves, et ne leur permettrait pas de découvrir pleinement ces matières. Comment l'Éducation nationale peut-elle remettre en cause la voie technologique industrielle, grande pourvoyeuse d'emplois et vecteur d'ascension sociale, alors que l'une des missions de l'École est de « Favoriser l'insertion professionnelle » ?
En conséquence, il lui demande, dans un premier temps, le retrait de la réforme dans sa forme actuelle, puis la mise en place d'un moratoire d'un an, afin d'organiser l'évolution de la voie technologique, enfin la mise en place d'une réforme de la filière technologique industrielle, basée sur les besoins réels et évalués de la jeunesse et de la nation, et menée en réelle concertation avec les instances représentatives.
La source —
senat_questions · nº 6c5482:12ce78641e5:78d8
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