Étudiants étrangers
· Clôturée
Dominique Gillot (auteur)
Mme Dominique Gillot. Ma question s'adresse au chef du Gouvernement.
Ces dernières semaines, plusieurs ministres se sont évertués à ériger la politique universitaire en exemple de réussite du bilan Sarkozy.
La réforme de l'Université était votre priorité, pour « rendre l'enseignement supérieur plus compétitif ». Mais, comme dans d'autres domaines, les promesses n'ont pas été tenues, et, aujourd'hui, vous abusez les Français pour cacher ce qui est symbole de reniements, de mensonges et d'échecs. (M. Hugues Portelli s'exclame.)
Alors que le Gouvernement se vante d'avoir sanctuarisé le budget de l'enseignement supérieur, avec une démographie étudiante en croissance et de nouvelles obligations contractuelles, ce budget ne suit même pas l'inflation ! Le candidat Sarkozy promettait pourtant de l'accroître de 1 milliard d'euros par an pendant cinq ans !
M. Didier Boulaud. Eh oui !
Mme Dominique Gillot. Cette insuffisance de dotation débouche sur des gels de recrutements, voire des suppressions de postes et de filières par centaines.
De nombreux paramètres décidés sur le plan national échappent à la maîtrise budgétaire des responsables d'université.
Et, loin de les rendre autonomes, votre manière de faire prend leurs présidents en otage. Ou bien ils défendent leurs établissements et ils sont mis à l'index public, ou bien ils font des coupes claires que vous leur imposez sournoisement et ils sont instruments de vos basses œuvres. Dans les deux cas, ils sont humiliés.
La communauté étudiante est en voie de paupérisation accélérée. Ainsi, 40 % des étudiants renoncent à se faire soigner faute de moyens.
La mise en place du dixième mois de bourse, juste prise en compte de l'allongement de la scolarité, occulte la baisse de tous les autres dispositifs d'aide et d'accompagnement.
Et votre projet de TVA sociale appauvrira encore plus les étudiants, en grevant leur maigre pouvoir d'achat !
Faute de moyens, les CROUS, les Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires, ne peuvent pas répondre aux besoins de logement étudiant, et ils devront augmenter les loyers dans les résidences universitaires pour compenser la baisse de leurs ressources.
Quant à « l'opération Campus », il est établi aujourd'hui que seul 1 % des crédits alloués ont été dépensés !
Enfin, comment qualifier l'effet désastreux de la circulaire Guéant, qui s'attaque aux étudiants étrangers ? (Exclamations sur les travées de l'UMP.)
Vous le savez, cette stigmatisation scandaleuse, traduite par une application administrative abusive et contraire à la loi de 2006, une loi défendue par le ministre de l'intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy lui-même, est en rupture avec la tradition intellectuelle française. (Même mouvement.)
M. David Assouline. Eh oui !
Mme Dominique Gillot. Au détriment de l'efficacité économique et diplomatique, vous mettez en place une restriction des flux migratoires des élites de ces pays, qui croient encore en la France, condamnant ainsi notre pays à rétrécir dans l'imaginaire de la communauté internationale.
Alors, de grâce ! Dans les cent jours qui vous restent, n'aggravez pas la situation !
Quand allez-vous abroger purement et simplement la circulaire Guéant, qui entache l'honneur de la France ? (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe socialiste, du groupe écologiste et du groupe CRC, ainsi que sur certaines travées du RDSE.)
La source —
senat_questions · nº 60b407:134e57ab638:-7e35
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