Maintien du service public de La Poste dans la vallée de l'Ondaine
· Clôturée
Cécile Cukierman (auteur)
Mme Cécile Cukierman attire l'attention de M. le ministre de l'économie et des finances sur la réduction des horaires d'ouverture des bureaux de poste dans la vallée de l'Ondaine.
Jusque dans les années 1990 les PTT employaient des fonctionnaires d'État, utilisaient des véhicules et des bâtiments du parc immobilier du domaine de l'État et leurs recettes finançaient les salaires et une grande partie des investissements. Les postiers n'ont jamais été payés par l'impôt. En 1990, la réforme « Rocard Quilès » scinde les PTT en deux, donnant naissance à France Télécom et à La Poste. Le 23 mars 2010, suite à l'ouverture de son capital à deux investisseurs publics que sont l'État et la Caisse des dépôts et consignations (CDC), La Poste devient une société anonyme malgré une votation citoyenne pour dire « Non » à cette ouverture du capital qui a recueilli 2 500 000 suffrages.
Aujourd'hui, les deux actionnaires de La Poste exigent des dividendes, au même titre que des actionnaires privés. En 2011, cela a représenté 133 millions d'euros de recettes pour l'État.
Comme dans les grandes entreprises privées, la variable d'ajustement pour augmenter ces dividendes est le plus souvent la baisse de la masse salariale. Aussi de réorganisations en réorganisations le constat est clair, des emplois en nombre important sont supprimés, 90 000 depuis 2006.
La situation actuelle dans la Loire et plus particulièrement dans la vallée de l'Ondaine est la conséquence directe de ces décisions politiques.
Il faut également préciser que La Poste a séparé ses champs d'activité en différentes branches complètement indépendantes qui ont entre elles des relations clients/fournisseurs.
Pour l'enseigne qui nous intéresse aujourd'hui, elle a regroupé ses bureaux du Chambon-Feugerolles, d'Unieux et de Fraisses au sein d'un territoire centré sur Firminy.
Le personnel est donc polyvalent sur l'ensemble des bureaux ce qui permet à La Poste d'envisager de réduire significativement ses horaires en décalant les heures d'ouverture ou de fermeture ou en fermant des demi-journées complètes. Au total 25 h d'ouverture hebdomadaire seraient supprimées sur les quatre bureaux.
Le personnel et les usagers ne peuvent accepter un tel projet qui réduit l'accès au service public de La Poste pour tous mais surtout pour les plus âgés qui devront se déplacer, et avec quelles difficultés, vers la ville d'à côté lorsque leur bureau sera fermé.
La direction justifie ce projet par une baisse de trafic. Or, la fréquentation des bureaux baissera d'autant que les amplitudes d'ouverture seront réduites, que l'utilisation des automates est encouragée avec insistance.
Dans la branche distribution, les mêmes causes ayant les mêmes effets, le courrier n'est parfois pas distribué par manque d'effectif.
La Poste a été capable à une époque de fournir un service envié de tous dans beaucoup de pays, ce n'est malheureusement plus le cas aujourd'hui.
La Poste appartient à la Nation, ce sont ses usagers et son personnel qui la font vivre. Elle doit conserver son rôle de service public et d'aménageur du territoire. Elle n'appartient pas à ceux qui veulent tirer profit des activités dites rentables et abandonner les autres.
C'est pourquoi elle lui demande comment l'État actionnaire entend intervenir auprès de la direction de La Poste pour pérenniser ce service public qui passe par le maintien d'un réseau au plus près des usagers et facilement accessible à tous.
La source —
senat_questions · nº 205756:13bcb82fb1b:-689e
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé