Pénurie de médicaments en France
· Réponse publiée
Mathilde Panot (auteur)
Mme Mathilde Panot alerte M. le ministre de la santé et de la prévention sur la pénurie de médicaments en France. En effet, la France connaît une pénurie d'antibiotique et de paracétamol, deux médicaments essentiels pour traiter certaines maladies infantiles. L'Agence nationale de sécurité du médicament fait état d'une forte tension d'approvisionnement concernant l'amoxicilline, qui pourrait durer jusqu'en mars 2023 et recense des tensions concernant le paracétamol depuis le printemps 2022. Les conséquences de ce manque d'anticipation peuvent être dramatiques. Ces pénuries entravent l'accès au soin des personnes, en multipliant leurs déplacements, en les contraignant à recourir à des alternatives pouvant elles-mêmes faire l'objet de pénuries et rendent difficile le travail des prescripteurs. Pourtant, Mme la députée rappelle à M. le ministre que les ruptures sur la chaîne globalisée du médicament peuvent être évitées, en relocalisant la production de certaines substances. En effet, 80 % des principes actifs pharmaceutiques sont produits en Chine et en Inde. Les pénuries de médicaments touchent déjà 2 000 à 3 000 médicaments en France à ce jour. Depuis 2017, le groupe parlementaire de la France insoumise défend un pôle public du médicament, qui suppose une relocalisation de la production, un plan de réindustrialisation public et de nationalisations d'entreprises du secteur. En avril 2020, une proposition de loi a été déposée en ce sens, rejetée par les députés de l'ancienne majorité. Mme la députée demande quand M. le ministre ne fera plus confiance à la main invisible du marché pour garantir la sécurité sanitaire du pays. En effet, en fragilisant la chaîne d'approvisionnement de médicaments, la loi de l'offre et de la demande menace la santé des populations. À ce jour, aucune solution n'a été proposée afin de répondre à ces pénuries et ruptures structurelles. Elle lui demande s'il envisage d'amorcer la nécessaire planification sanitaire ou s'il souhaite s'obstiner dans un modèle où la santé est subordonnée aux profits des intérêts privés.
La source —
assemblee_questions_ecrites · nº QANR5L16QE4466
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