Friches de vignes
· Clôturée
Nathalie Delattre (auteur)
M. le président. La parole est à Mme Nathalie Delattre, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen. (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE.)
Mme Nathalie Delattre. Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, mes chers collègues, le groupe RDSE vous présente ses meilleurs vœux.
Ma question s'adresse à M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation.
Aléas climatiques, taxes, confinements, couvre-feux, déconsommation, etc., les années se suivent et se ressemblent pour la filière viticole, qui ne voit plus le bout des difficultés et des crises qui la touchent.
L'une des conséquences visibles de cette situation est la multiplication des vignes en friche, abandonnées par leurs exploitants, qui ne parviennent plus à tirer un revenu décent de la culture de leurs parcelles. Chacune d'entre elles constitue un foyer potentiel pour la prolifération de maladies et de ravageurs de la vigne, comme la cicadelle, porteuse de la flavescence dorée.
Pour éviter le dépérissement du vignoble, il est parfois indispensable de traiter ou, si la maladie est déjà présente, d'arracher ces vignes. Mais, alors que traitement et arrachage sont obligatoires dans certains cas d'un strict point de vue réglementaire, il n'existe aucun moyen de contraindre ou de sanctionner un propriétaire qui ne prendrait pas les mesures rendues nécessaires par la situation sanitaire de ses parcelles.
Les syndicats viticoles des vignobles touchés sont inquiets, car les chiffres sont en hausse pratiquement partout. C'est le cas dans le Bordelais, où les services de l'État, en partenariat avec la fédération des grands vins, l'interprofession et les acteurs locaux de la vigne et du vin, ont commencé à constituer sur un territoire de préfiguration, le Blayais, un diagnostic chiffré pour mesurer l'ampleur de la tâche.
À l'heure où le recensement agricole montre la diminution constante du nombre de viticulteurs en France, pointant le risque de voir nos paysages viticoles se désagréger, il est indispensable de donner à nos vignerons les moyens de continuer à exercer leur métier, mais aussi de sanctionner les manquements, lorsqu'ils sont avérés.
Cependant, l'État lui-même est aujourd'hui dans l'incapacité de savoir à qui appartiennent certaines de ces parcelles à l'abandon, vecteurs de problématiques pour les voisins, d'autant plus s'il s'agit de pépinières viticoles, comme pour les communes.
Monsieur le ministre, que prévoyez-vous de mettre en place pour accompagner les viticulteurs français, préserver l'état sanitaire du vignoble et, plus globalement, assurer la survie de celui-ci ? (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE. – MM. Yves Bouloux et René-Paul Savary applaudissent également.)
La source —
senat_questions · nº b165981:17e1e89177c:-788b
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