Accueil des écoliers d'enseignants non remplacés
· Clôturée
Arnaud de Belenet (auteur)
M. le président. La parole est à M. Arnaud de Belenet, pour le groupe Union Centriste. (Applaudissements sur les travées du groupe UC et sur des travées du groupe Les Républicains.)
M. Arnaud de Belenet. Monsieur le ministre, le protocole appliqué depuis lundi s'efforce de rendre l'école plus agile et réactive à la situation.
Une disposition, cependant, pose problème : elle impose, en niveau 3, qu'en l'absence d'un professeur non remplacé les enfants ne sont plus répartis dans les autres classes ; ils ne sont tout simplement plus accueillis à l'école.
Pour reprendre le choix lexical du moment, cette règle « emmerde » tous les parents, vaccinés ou non.
Pour chaque absent, vingt-cinq familles apprennent à huit heures vingt qu'elles doivent garder leur enfant ; la vie des familles est précarisée, la continuité pédagogique et sociale rompue. Les parents, assignés à résidence, ne pouvant travailler, l'économie est perturbée, sans que la covid en soit nécessairement la cause.
Pour exemple, voici un cas non pas d'école, mais bien réel. Un professeur n'a pas été remplacé hier, et vingt-cinq familles ont été impactées. Parmi elles, une assistante maternelle, qui, en conséquence, garde ses propres enfants et plus celui d'un enseignant, lequel reste donc à la maison et n'est, à son tour, pas remplacé, ce qui donne vingt-cinq autres familles impactées… C'est sans fin !
Avec 10 % d'absents aujourd'hui, potentiellement 30 % à la fin du mois, le phénomène va s'amplifier.
Monsieur le ministre, je comprends l'intention de limiter le brassage. Cependant, les mêmes enfants sont mélangés en dehors de l'école, en famille, lors des activités associatives. Ils le sont aussi sur les temps périscolaire, malgré les règles de zonage, d'horaires, malgré les tentatives de maintien en groupes « classe » mis en place par les collectivités.
Quoi qu'il en soit, la répartition dans les autres classes est traçable. Bien sûr, le remplacement de chaque professeur absent demeurerait la meilleure solution. Néanmoins, ce n'est pas nouveau, peu d'absents sont remplacés, et toujours avec un temps de latence. Les recrutements que vous avez engagés porteront au mieux le taux de 9 % à 15 % des effectifs. C'est loin de répondre au problème posé immédiatement par le protocole.
Je vous sais soucieux de maintenir la continuité pédagogique et l'école ouverte. Alors, monsieur le ministre, quand allez-vous supprimer cette règle de non-accueil à l'école des enfants dont les professeurs absents ne sont pas remplacés ? (Applaudissements sur les travées du groupe UC et sur des travées du groupe Les Républicains.)
La source —
senat_questions · nº b165981:17e1e89177c:-786a
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