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16 décembre 2021 · Sénat · Premier ministre · question Question

Situation de la Nouvelle-Calédonie

· Clôturée

Claude Malhuret (auteur)

M. le président. La parole est à M. Claude Malhuret, pour le groupe Les Indépendants – République et Territoires. (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP et sur des travées du groupe UC. – MM. Christian Bilhac et Éric Gold applaudissent également.) M. Claude Malhuret. Ma question s'adresse à M. le Premier ministre. « Les Calédoniennes et les Calédoniens ont choisi de rester Français. Ils l'ont décidé librement. » C'est ce que le Président de la République a déclaré dimanche dernier. Toutefois, le référendum de Nouvelle-Calédonie ne marque pas la fin du chemin de pacification tracé en 1988 par Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur lors des accords de Matignon. (M. le Premier ministre acquiesce) Les Calédoniens restent divisés, malgré le passage des années. « Une période de transition s'ouvre, [qui] doit nous conduire à bâtir un projet commun […], en respectant la dignité de chacun », a encore déclaré le Président de la République. Cette nouvelle étape ne sera pas – loin de là – plus facile que les précédentes, pour au moins trois raisons, qui constituent autant de défis. Le premier défi est l'impératif de maintenir le dialogue avec toutes les composantes de la population, alors que les indépendantistes contestent le scrutin et refusent, pour l'heure, de reprendre langue avec le Gouvernement. Le calme impressionnant dans lequel s'est déroulée la consultation, respectée par ceux-là mêmes qui la contestaient, laisse néanmoins espérer que le fil du dialogue n'est pas rompu. Le deuxième défi est l'extraordinaire difficulté, dans la période de transition prévue jusqu'à la fin du mois de juin 2023, de construire un projet qui ne soit pas seulement institutionnel et juridique, mais qui soit de vie en commun et prenne en compte des sujets aussi cruciaux que la stratégie Nickel, l'autonomie alimentaire et énergétique, le foncier, la fiscalité et une croissance plus juste et plus soucieuse de la nature. Le troisième défi est qu'il faudra aussi répondre aux urgences des prochaines semaines, qui nécessitent un échange immédiat avec les élus calédoniens : la situation sanitaire, la situation économique, l'inquiétant déséquilibre des finances publiques. Ces défis nous sont posés dans une zone indo-pacifique devenue un enjeu géostratégique majeur, sous le regard direct d'une Chine militairement agressive, culturellement expansionniste et économiquement conquérante. Monsieur le Premier ministre, pouvez-vous nous dire comment le Gouvernement compte faire face à ces enjeux majeurs ? (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP, ainsi que sur des travées des groupes RDSE et UC. – M. Thani Mohamed Soilihi applaudit également.)
La source — senat_questions · nº -4c211b39:17db2638ddc:-7c8e
↗ https://www.senat.fr/questions/base/2021/qSEQ21122186G.html
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