Coût exorbitant des billets d'avion
· Clôturée
Victoire Jasmin (auteur)
Mme Victoire Jasmin attire l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé des transports, sur les prix des billets d'avion au départ ou à destination des outre-mer, qui ne cessent d'augmenter. Et pour cause, la hausse observée sur les douze derniers mois est de l'ordre du record. Les voyageurs au départ de la Guadeloupe, par exemple, doivent débourser jusqu'à 30 % de plus qu'il y a un an, ce qui impacte considérablement le budget des ménages qui souhaitent se retrouver en famille et, au demeurant, les économies insulaires.
Cette réalité du prix excessif des rotations aériennes depuis ou vers les départements, régions et collectivités d'outre-mer (DROM-COM) n'est pas nouvelle, elle asphyxie nos populations depuis plusieurs décennies déjà et s'inscrit dans un phénomène structurel de vie chère en outre-mer et de situations monopolistiques, déjà ancien aux racines historiques et aux conséquences humaines dramatiques.
Cette croissance des prix s'est amplifiée par la guerre en Ukraine et ses conséquences sur les prix des carburants mais également encore aujourd'hui, les conséquences de la crise Covid, qui pénalisent considérablement nos populations.
La situation est intenable pour les ménages de nos régions qui entretiennent des échanges réguliers pour des raisons familiales et professionnelles, entre l'Hexagone et leur territoire d'origine.
Il s'agit manifestement d'une rupture d'égalité avec le reste des citoyens français, d'une énième fracture de la continuité territoriale déjà bien galvaudée, d'un risque d'isolement pour les originaires de nos régions résidant dans l'Hexagone, un risque de rupture des liens familiaux mais aussi d'une mise à mal des relations économiques et singulièrement touristiques pour l'archipel de la Guadeloupe.
Elle lui demande si l'État est prêt, à l'image du bouclier tarifaire sur les prix de trains, à ce que la continuité territoriale aérienne pour les outre-mer soit pleinement garantie. Pour y parvenir, il convient d'abord de cesser la rupture d'égalité qui sévit depuis trop longtemps dans cette affaire et en déployant une véritable continuité territoriale, comparable à celle dont bénéficient nos compatriotes corses, ce qui est heureux pour eux. Ensuite, il convient de mettre en place une politique ambitieuse « d'ouverture du ciel » en décentralisant les autorisations d'ouverture des lignes aériennes, souvent bloquées par une direction générale de l'aviation civile (DGAC) déconnectée des enjeux locaux et en proie à des intérêts qui lui sont propres afin de permettre une mise en concurrence qui, alliée au renforcement des instances de contrôles introduit par la loi n° 2012-1270 du 20 novembre 2012 relative à la régulation économique outre-mer et portant diverses dispositions relatives aux outre-mer, permettra de « jouer » positivement sur la formation des prix.
Il convient encore de plafonner le prix des billets d'avion en classe économique sur six mois à hauteur de 500€ pour l'ensemble des OM, comme elle le lui a demandé avec les parlementaires de Guadeloupe en novembre 2022.
Ce qu'elle réclame, c'est l'application d'une égalité réelle, une mesure d'équité indispensable afin de corriger une discontinuité territoriale frappante.
Elle lui demande si la puissance publique est prête à mettre en place ces mesures ou tout autre dispositif permettant de garantir une véritable continuité territoriale aérienne outre-mer, et selon quelle méthode.
Elle le remercie de sa réponse.
La source —
senat_questions · nº -56df9734:1857113e58b:-7fc3
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