Fragilisation des centres sociaux et socioculturels
· Clôturée
Sébastien Fagnen (auteur)
M. Sébastien Fagnen attire l'attention de Mme la ministre du travail, de la santé et des solidarités sur la fragilisation des centres sociaux et socioculturels.
L'apport des centres sociaux à la cohésion sociale dès leur origine au début du XXe siècle est sans commune mesure. Ils ont su faire vivre le lien social et répondre aux objectifs de lutte contre les inégalités, les exclusions et les exploitations dans le cadre des nombreux tournants de la société tels que le développement des pratiques socioculturelles ou socio-éducatives ou encore les phénomènes urbains pour ne citer que quelques exemples structurants.
Face à l'augmentation de la pauvreté et des inégalités, la contribution des centres sociaux et socioculturels est plus que jamais nécessaire. Les derniers chiffres de l'institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) et du baromètre de suivi qualitatif de la pauvreté du conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale (CNLE) témoignent du niveau de vie qui recule pour les ménages les plus modestes. On compte 552 000 personnes pauvres supplémentaires en 2021 par rapport à l'année 2020 et l'écart entre le niveau de vie médian des populations pauvres et le seuil de pauvreté s'est encore creusé. Quant à la grande pauvreté, elle augmente également comme en témoigne l'augmentation du taux de pauvreté monétaire à 50 % du niveau de vie médian (965 euros par mois en 2021). Selon des données de l'Insee, début 2022, la proportion de personnes en situation de privation matérielle et sociale augmente de manière significative. Le renforcement du suivi analytique de l'évolution de la pauvreté et de l'exclusion sociale par le CNLE face à la succession de crises sévères témoigne des risques qui pèsent sur la cohésion sociale.
Or, comme l'atteste l'alerte de la fédération des centres sociaux et socioculturels de France, compte tenu du manque d'investissements publics, les centres sociaux et socioculturels associatifs n'ont plus la capacité de répondre à l'augmentation des situations de fragilité et de précarité. Les centres sociaux et socioculturels municipaux ou intercommunaux sont eux aussi confrontés à une baisse de moyens, liée à l'accroissement des charges et à l'augmentation des besoins auxquelles les collectivités doivent faire face. C'est ainsi qu'ils demandent à juste titre, à travers le plaidoyer de la fédération, l'émergence d'un sentiment de coresponsabilité de la part de l'État qui se traduirait par des aides publiques à la hauteur des enjeux, un fonds de soutien exceptionnel, un nouveau pacte de coopération et un modèle économique renouvelé.
Ainsi, il l'interroge sur les réponses qu'elle souhaite apporter à la fédération des centres sociaux et socioculturels pour répondre au plus vite à cet enjeu de taille afin de construire une société plus juste et solidaire.
La source —
senat_questions · nº -60c1ad48:18d31698c78:1b01
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