Plan grand froid
· Clôturée
Annie Le Houerou (auteur)
M. le président. La parole est à Mme Annie Le Houerou, pour le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)
Mme Annie Le Houerou. Le plan Grand froid a été activé dans plus de quarante départements en France métropolitaine. Ce plan est une question de survie pour beaucoup, et de mort pour beaucoup trop. Nous déplorons ainsi des victimes à Nantes, à Paris et ailleurs.
En France, 350 000 personnes sont sans domicile. Parmi elles, on trouve de nombreux travailleurs pauvres qui peinent à se loger, des jeunes issus de l'aide sociale à l'enfance, des femmes victimes de violences, des personnes âgées qui n'arrivent plus à payer leur loyer, des étrangers sans papiers. Selon la Fédération des acteurs de la solidarité, à la mi-décembre, 7 000 personnes, dont 2 000 enfants, ayant appelé le 115 en France n'avaient pas obtenu de place en hébergement d'urgence et dormaient à la rue.
Ces plans Grand froid pallient sur de très courtes périodes des manquements structurels, que les associations tentent de combler, dans un contexte où les coûts augmentent et où les subventions se réduisent, ce qui les met elles-mêmes en grande difficulté.
Je rends ici hommage à tous les bénévoles et professionnels qui accompagnent les plus vulnérables dans des conditions difficiles.
Vous n'êtes pas responsable de la météo, monsieur le ministre. D'ailleurs, quoi de plus normal que des températures négatives en hiver dans notre pays ? Mais vous êtes en responsabilité d'agir lorsque des millions de Français subissent la précarité énergétique et le mal-logement.
Plus de 4 millions de personnes sont en situation de mal-logement en 2024, soit plus de 20 % en dix ans. En outre, 2,7 millions de ménages attendaient un logement social mi-2024, un chiffre record, alors que seuls 82 000 logements sociaux étaient financés, le pire résultat depuis vingt ans.
Les travailleurs pauvres, comme les retraités à faibles revenus, doivent pouvoir vivre dans un logement décent, bien isolé, loin des passoires énergétiques qui grèvent les budgets et altèrent leur santé, les maintenant dans une spirale de précarité dont ils ne peuvent sortir.
Monsieur le ministre, n'est-il pas temps d'engager et de mettre en oeuvre une réelle politique de logement pérenne et de qualité pour tous et toutes ? (Applaudissements sur les travées du groupe SER, ainsi que sur des travées du groupe GEST.)
La source —
senat_questions · nº 7fceff09:19b8cc0d80c:-7afc
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