Crise agricole et Mercosur
· Clôturée
Frédérique Puissat (auteur)
M. le président. La parole est à Mme Frédérique Puissat, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Mme Frédérique Puissat. Ma question s'adressait à Mme la ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire.
Au mois de janvier 2024, les agriculteurs bloquaient nos routes, occupaient les ronds-points et manifestaient leurs revendications pour mieux travailler et pour mieux vivre. Fin 2025, la flamme de la colère se rallumait avec les conséquences de la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse et, surtout, une probable entrée en vigueur d'un traité Mercosur dont personne ne veut.
Comme beaucoup d'entre nous, nous étions nombreux sur les ronds-points, singulièrement en Isère, au rond-point de Saint-Quentin-Fallavier, au rond-point du col du Fau, mais, plus généralement, sur tous ceux de France. Comme d'autres, j'y ai vu des agriculteurs exprimer leur colère, tenir bon jour et nuit malgré un froid glacial. J'y ai vu des hommes et des femmes courageux, dotés d'un sens patriotique qui fait honneur à notre pays. Mais, surtout, j'ai entendu des personnes qui disent ne plus rien avoir à perdre.
Après les rendez-vous ratés de 2024, le constat est là : ils sont au bout, ils sont à bout ! La profession a le sentiment d'avoir trop entendu de promesses sans résultat.
La dernière en date, c'est le projet de loi qui fait de la souveraineté alimentaire un objectif structurant des politiques publiques, alors même que nos agriculteurs se heurtent encore à des procédures extrêmement lourdes et qu'avec les prédateurs, les loups, les rapaces, ils assistent impuissants à la destruction de leur cheptel, sans pouvoir le remplacer s'ils sont en bio, car cela leur est interdit par les règles en vigueur !
Je m'interroge sur la capacité du Gouvernement à être au rendez-vous des annonces faites ce lundi par le Premier ministre.
D'abord, que va faire la France sur le Mercosur ?
Ensuite, si l'on peut se réjouir que des arrêtés soient pris afin de suspendre l'importation de certaines denrées venant de pays d'Amérique du Sud, comment allez-vous vous assurer de la traduction concrète de ces contrôles ?
Enfin, alors qu'une entrée en vigueur imposée du Mercosur se profile sournoisement, quelle opposabilité, quelle valeur auront ces arrêtés une fois cette nouvelle zone de libre-échange instaurée ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains, ainsi que sur des travées du groupe UC.)
La source —
senat_questions · nº 7fceff09:19b8cc0d80c:-7b01
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