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12 janvier 2001 · Sénat · Intérieur · réponse Réponse

Insécurité

· Clôturée

Intérieur (repondant)

M. Daniel Vaillant, ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur, les données globales de la délinquance constatée en France au cours de l'année 2000 ne sont pas encore connues. Je vous rappelle à cet égard que c'est à la direction centrale de la police judiciaire qu'il revient d'assurer le recensement des éléments statistiques fournis aussi bien par les services de police que par les services de gendarmerie. Les tendances qui se dégagent à partir de résultats tout à fait partiels traduisent une hausse contenue de la délinquance générale résultant, pour l'essentiel, du développement de la délinquance économique et financière, en particulier de l'usage frauduleux de moyens électroniques de paiement. La délinquance de voie publique reste au niveau de celui qui était le sien en 1999 ; telle est la première tendance. Sur la circonscription de Strasbourg, des tendances analogues sont observées. Si la délinquance générale devrait progresser d'environ 10 % - cette augmentation résulte en grande partie, je le répète, du développement spectaculaire de la délinquance économique et financière, qui croît de plus de 63 %, soit plus de 1 000 faits en un an -, les chiffres de la délinquance de voie publique n'évoluent que très légèrement, avec une progression de 2,8 %, les vols à la roulotte et les dégradations étant par ailleurs en recul, respectivement, de 3,11 % et de 1,16 %. L'activité judiciaire, c'est-à-dire le nombre des affaires élucidées par les services de police, s'est accrue de plus de 28 %, résultat remarquable qui conforte le succès du dispositif de proximité mis en place en cours d'année. Quant aux incendies de voitures qui sont intervenus à Strasbourg au cours de la nuit de la Saint-Sylvestre et qui ont fait l'objet d'une médiatisation, aucun lien ne peut être établi avec des actes de violence urbaine, et ce grâce à la forte mobilisation des forces policières et au dispositif d'animation mis en place par la municipalité dans les quartiers. Voilà des éléments très précis. Cela étant, tout cela demeure très préoccupant, et je pense qu'il est nécessaire de faire en sorte, par le biais d'une politique partenariale - et cela, dans certains cas, prendra du temps, j'en suis convaincu - de s'attaquer aux causes de cette délinquance insupportable, notamment en matière de violences urbaines. Enfin, monsieur le sénateur, l'actuel préfet de police de Paris a été nommé avant l'entrée en fonction du gouvernement de Lionel Jospin. Il s'agit d'un haut fonctionnaire que nous n'avons pas à mettre en cause et qui travaille dans la continuité, avec l'autorité qui est la sienne. Si, en raison notamment des départs à la retraite ou des difficultés rencontrées dans différents arrondissements de Paris, il décide de renforcer ou de reconstituer certains effectifs de police, c'est qu'il est de son devoir d'assurer la sécurité là où les problèmes se posent, et non pas seulement dans les beaux quartiers, comme vous semblez le souhaiter ! (Applaudissements sur les travées socialistes et sur celles du groupe communiste républicain et citoyen. - Murmures sur les travées du RPR.)
La source — senat_questions · nº 1010058:10245eb4383:-1c36
↗ https://www.senat.fr/questions/base/2001/qSEQ01010444G.html
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