Insécurité
· Clôturée
Intérieur (repondant)
M. Daniel Vaillant, ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur, les données globales de la
délinquance constatée en France au cours de l'année 2000 ne sont pas encore connues. Je
vous rappelle à cet égard que c'est à la direction centrale de la police judiciaire qu'il revient
d'assurer le recensement des éléments statistiques fournis aussi bien par les services de
police que par les services de gendarmerie.
Les tendances qui se dégagent à partir de résultats tout à fait partiels traduisent une hausse
contenue de la délinquance générale résultant, pour l'essentiel, du développement de la
délinquance économique et financière, en particulier de l'usage frauduleux de moyens
électroniques de paiement. La délinquance de voie publique reste au niveau de celui qui était le
sien en 1999 ; telle est la première tendance.
Sur la circonscription de Strasbourg, des tendances analogues sont observées.
Si la délinquance générale devrait progresser d'environ 10 % - cette augmentation résulte en
grande partie, je le répète, du développement spectaculaire de la délinquance économique et
financière, qui croît de plus de 63 %, soit plus de 1 000 faits en un an -, les chiffres de la
délinquance de voie publique n'évoluent que très légèrement, avec une progression de 2,8 %,
les vols à la roulotte et les dégradations étant par ailleurs en recul, respectivement, de 3,11 %
et de 1,16 %.
L'activité judiciaire, c'est-à-dire le nombre des affaires élucidées par les services de police, s'est
accrue de plus de 28 %, résultat remarquable qui conforte le succès du dispositif de proximité
mis en place en cours d'année.
Quant aux incendies de voitures qui sont intervenus à Strasbourg au cours de la nuit de la
Saint-Sylvestre et qui ont fait l'objet d'une médiatisation, aucun lien ne peut être établi avec des
actes de violence urbaine, et ce grâce à la forte mobilisation des forces policières et au
dispositif d'animation mis en place par la municipalité dans les quartiers.
Voilà des éléments très précis. Cela étant, tout cela demeure très préoccupant, et je pense
qu'il est nécessaire de faire en sorte, par le biais d'une politique partenariale - et cela, dans
certains cas, prendra du temps, j'en suis convaincu - de s'attaquer aux causes de cette
délinquance insupportable, notamment en matière de violences urbaines.
Enfin, monsieur le sénateur, l'actuel préfet de police de Paris a été nommé avant l'entrée en
fonction du gouvernement de Lionel Jospin. Il s'agit d'un haut fonctionnaire que nous n'avons
pas à mettre en cause et qui travaille dans la continuité, avec l'autorité qui est la sienne. Si, en
raison notamment des départs à la retraite ou des difficultés rencontrées dans différents
arrondissements de Paris, il décide de renforcer ou de reconstituer certains effectifs de police,
c'est qu'il est de son devoir d'assurer la sécurité là où les problèmes se posent, et non pas
seulement dans les beaux quartiers, comme vous semblez le souhaiter ! (Applaudissements
sur les travées socialistes et sur celles du groupe communiste républicain et citoyen. -
Murmures sur les travées du RPR.)
La source —
senat_questions · nº 1010058:10245eb4383:-1c36
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