Situation dans les hôpitaux
· Clôturée
Emploi (repondant)
M. le président. La parole est à Mme le ministre.
Mme Martine Aubry, ministre de l'emploi et de la solidarité. Monsieur le sénateur, je voudrais d'abord vous dire que,
tout comme vous, le Gouvernement considère que l'hôpital public est au coeur de notre système de santé.
Cela étant, je dois avouer que je suis un peu étonnée d'entendre des applaudissements venant de la droite de
l'hémicycle. (Exclamations sur les travées du RPR et des Républicains et Indépendants.)
Je rappelle en effet que, la première année de l'application du plan Juppé, le budget de l'hôpital public avait régressé de
1 %, alors que la hausse atteint cette année 2,5 %. (Protestations sur les mêmes travées.)
M. Josselin de Rohan. Nos collègues communistes ne sont pas contents !
Mme Martine Aubry, ministre de l'emploi et de la solidarité. Je suis étonnée, mesdames, messieurs les membres de
la majorité sénatoriale, que vous applaudissiez le refus de la commission médicale d'établissement de l'Assistance
publique des hôpitaux de Paris de voter le budget, alors que vous avez diminué celui-ci de 0,34 % en 1997
(Applaudissements sur les travées socialistes et sur celles du groupe communiste républicain et citoyen), tandis que
nous n'avons cessé de l'augmenter.
Il faut être un tant soit peu cohérent !
Plusieurs sénateurs du RPR. Nous le sommes !
Mme Martine Aubry, ministre de l'emploi et de la solidarité. On ne peut pas, lors de l'examen des projets de loi de
financement de la sécurité sociale, soutenir la médecine libérale et expliquer qu'il faut favoriser les cliniques privées et
défendre ensuite, avec démagogie - quand ce n'est pas avec des visées politiciennes - l'hôpital public. (Exclamations
sur les travées du RPR. - Applaudissements sur les travées socialistes et sur celles du groupe communiste républicain
et citoyen.)
Pour notre part, à gauche, nous avons toujours considéré que l'hôpital public jouait un rôle irremplaçable. C'est
aujourd'hui un vecteur d'excellence, reconnu aussi bien en France qu'à l'étranger.
Mme Hélène Luc. Il faut qu'il le reste !
Mme Martine Aubry, ministre de l'emploi et de la solidarité. Je sais que la situation est difficile, même si nous avons
pris des mesures importantes en faveur des praticiens hospitaliers, des aides-soignantes et, très récemment, des
urgentistes. A cet égard, je regrette que l'Assistance publique des hôpitaux de Paris n'ait pas appliqué aussi
rapidement que les hôpitaux de province les décisions qui avaient été prises. Mais c'est maintenant chose faite. Je
déplore que ceux qui appuient aujourd'hui la position adoptée par l'Assistance publique des hôpitaux de Paris n'aient
pas incité sa direction générale à mettre en oeuvre les dispositions concernant les urgentistes. Il est vrai que ces
médecins sont peut-être mal considérés, alors que ce sont pourtant eux qui prennent en charge toute la souffrance du
public.
Je voudrais ajouter très simplement, monsieur Foucaud, que le Gouvernement est très attentif à tous les mouvements
et à tous les conflits...
M. Nicolas About. Ah ?
Mme Martine Aubry, ministre de l'emploi et de la solidarité. ... ou plutôt, car il ne s'agit pas de conflits, à toutes les
revendications et à tous les problèmes qui peuvent se poser.
Je sais par exemple que les « points ISA » qui permettent de répartir les budgets ne prennent pas suffisamment en
compte les activités de pointe coûteuses et que nous devons, qu'il s'agisse de l'Assistance publique des hôpitaux de
Paris ou des centres hospitaliers et universitaires, évaluer la situation.
J'avais rendez-vous ce matin avec les représentants des hôpitaux d'Ile-de-France, car je sais qu'il existe aujourd'hui, au
sein de cette région, des inégalités flagrantes. J'ai entendu vos propositions, monsieur Foucaud, et je peux vous
indiquer que nous les étudions actuellement. Le Gouvernement est très attentif à prendre, au moment où cela est
nécessaire et pour chaque hôpital, lorsqu'un vrai problème est soulevé, les mesures nécessaires pour qu'il continue à
remplir son rôle. (Applaudissements sur les travées socialistes et sur celles du groupe communiste républicain et
citoyen.)
La source —
senat_questions · nº 1010058:10246a1176d:-1cca
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