Engagement de l'État dans le domaine de la culture
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Culture (repondant)
M. Frédéric Mitterrand, ministre de la culture et de la communication. Monsieur le sénateur, cher Jack Ralite, permettez-moi pour commencer de vous annoncer une bonne nouvelle : la reprise du travail est effective au centre Pompidou depuis deux heures. Désormais, plus aucun musée n'est en grève. (Applaudissements sur les travées de l'UMP et de l'Union centriste.)
Ainsi, la volonté de dialogue du ministère, dans le respect de la mise en œuvre de la réforme, a permis que le bon sens triomphe, et l'exposition qui consacre le talent remarquable de Pierre Soulages va enfin retrouver les visiteurs qu'elle mérite.
Monsieur Ralite, l'article tout à fait intéressant que vous avez fait paraître ce matin dans L'Humanité, écrit avec le talent que l'on vous connaît, était aussi une sorte d'inventaire à la Prévert d'un prétendu vertige des atteintes aux libertés dans le domaine de la culture. (Rires sur les travées de l'UMP.) Vous concluiez par une citation d'Umberto Eco : « Tout texte est une machine paresseuse qui prie le lecteur d'accomplir une partie de son propre travail. » Sans vouloir dire que cette citation était paresseuse, je me permettrai néanmoins d'apporter un complément que vous appelez de vos vœux en réponse à votre question.
Je vous rappellerai donc que le Président de la République et le Premier ministre ont, depuis deux ans et demi, marqué leur attachement au développement d'une politique culturelle très ambitieuse.
Le Président de la République a déclaré à Nîmes, le 13 janvier dernier : « Au moment où toutes nos certitudes vacillent, notre culture est notre meilleur appui pour construire ensemble les voies d'un développement équilibré et d'une civilisation durable. » (Rires et exclamations sur les travées du groupe CRC-SPG.) Le Gouvernement n'est pas dans l'incantation, mais clairement dans l'action.
M. Jean-Pierre Sueur. Le budget vacille !
M. Frédéric Mitterrand, ministre. Le budget vacille, dites-vous ? Voici quelques exemples qui démentent cette assertion.
La priorité a été donnée au budget de la culture pour 2010, qui a connu une progression de moyens de près de 4 %. La défense de la création sous toutes ses formes est effective, que ce soit par le maintien du budget du spectacle vivant – 0,4 % –, par la défense des droits des créateurs sur internet, ou encore par la suppression progressive de la publicité à la télévision, qui a favorisé la création.
Un autre exemple est le soutien au patrimoine et à l'architecture, dans le cadre du plan de relance du Grand Paris, avec l'inscription à long terme des moyens alloués à l'entretien et à la restauration de nos monuments historiques ; ils atteindront 400 millions d'euros en 2010.
Je pourrais citer bien d'autres exemples. Je ne vous parlerai pas du musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, le MUCEM, à Marseille, dont j'ai posé la première pierre, ni du Louvre à Lens, dont j'ai également posé la première pierre, ni du centre Pompidou de Metz, qui ouvrira dans quelques semaines.
Le financement de la numérisation, dont vous avez eu, à juste titre, monsieur Ralite, la bonne volonté de me créditer,…
M. Jean-Pierre Sueur. Les régions financent à 100 % !
M. Frédéric Mitterrand, ministre. … permettra à la France d'éviter la confrontation directe avec Google et entraînera une véritable stimulation européenne pour une numérisation de notre patrimoine, qui sera ainsi transmis à nos enfants dans le cadre d'une régulation par l'État de ce marché essentiel.
M. Jean-Pierre Raffarin. Bravo !
M. Frédéric Mitterrand, ministre. Je pourrais ajouter bien d'autres choses. Tout ce que je viens de dire le démontre : l'État n'est pas près de se désengager de la culture. (Applaudissements sur les travées de l'UMP et de l'Union centriste ainsi que sur certaines travées du RDSE. – Exclamations sur les travées du groupe CRC-SPG et du groupe socialiste.)
La source —
senat_questions · nº 1f217ec:1258c20c637:-5d08
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