Utilisation du « Flashball » et du « Taser » par les forces de police
· Clôturée
Intérieur (repondant)
M. Brice Hortefeux, ministre. Madame Borvo Cohen-Seat, des enquêtes, vous le savez, sont en cours sur les décès qui se sont produits à Marseille et à Colombes et je ne peux donc pas me prononcer sur ce qui s'est réellement produit. Cependant, au terme de la procédure judiciaire, nous tirerons, le cas échéant, les leçons qui devront être tirées.
Vous m'avez interrogé sur l'utilisation de ce type d'armes à l'occasion des manifestations, et vous pensez sans doute à des manifestations comme celles qui se sont déroulées au cours de l'automne. Je vous précise que le pistolet à impulsion électrique ne doit pas être utilisé au cours de ces manifestations, sauf, naturellement, en situation de légitime défense.
Il est cependant indéniable que les policiers et les gendarmes sont de plus en plus souvent confrontés à de graves agressions qui visent à les blesser, voire à les tuer. Or mon devoir de ministre de l'intérieur est de faire en sorte que les forces de sécurité soient protégées : je ne serais pas dans mon rôle si je n'avais la préoccupation constante de garantir la protection de ceux qui ont la responsabilité d'assurer la tranquillité et la sécurité de nos concitoyens. J'observe que les voyous n'hésitent pas à tendre des guets-apens et parfois même à utiliser des armes de guerre.
Hors ces cas extrêmes, les forces de l'ordre sont souvent confrontées à des personnes en état de démence temporaire ; dans 54 % des cas, l'utilisation du pistolet à impulsion électrique est liée à la nécessité de réduire l'agressivité et la résistance de ces personnes, souvent sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants.
En outre, je rappelle que le taux d'interpellation, une donnée qui n'est tout de même pas indifférente, est de 97 % après usage d'un pistolet à impulsion électrique.
M. le président. La parole est à Mme Nicole Borvo Cohen-Seat, pour la réplique.
Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. Monsieur le ministre, que la police doive être en mesure d'exercer ses missions, personne ne le conteste.
Je constate néanmoins que le syndicat national des policiers municipaux demande un moratoire sur l'utilisation du Taser par les policiers municipaux. Ainsi, au sein même des forces de police, d'aucuns se posent des questions sur l'utilisation de ces armes en l'état actuel de nos connaissances quant à leur dangerosité.
J'observe également que, du fait de l'évolution de notre législation, de plus en plus d'opérations relatives à l'ordre et à la sécurité publique seront déléguées à des services de sécurité privés. Allons-nous, monsieur le ministre, autoriser les polices privées à se doter de ces armes de quatrième catégorie ?
Il s'agit d'un point d'autant plus préoccupant que le fabricant du Taser conduit, vous le savez, une campagne de publicité à peine déguisée, accessible très facilement, pour que tout un chacun se dote de ces armes en principe non létales.
La source —
senat_questions · nº 1861086:12ddb1b2606:-7912
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