L'hébergement d'urgence
· Clôturée
Égalité des territoires et logement (repondant)
Mme Cécile Duflot, ministre. Monsieur le sénateur, je me contenterai de répondre aux éléments techniques de votre question, sans m'étendre sur ceux qui se veulent polémiques. Je vous le dis, sur ce sujet, je n'ai entretenu aucune ambiguïté. Je ne retire d'ailleurs aucun de mes propos. En effet, la loi de 1998, si elle vise exclusivement les personnes morales, les englobe toutes, sans exception, pour la procédure de réquisition.
Je constate que certains ont tenté de s'engouffrer dans la brèche pour entretenir la polémique. Je vois, d'ailleurs, que c'est sur ce plan que vous placez votre intervention, en prétendant que la réquisition risquerait de mettre en péril la situation de personnes quittant leur logement pour le week-end. Monsieur le sénateur, il est tout à fait indécent d'essayer de nourrir la polémique sur cette question ! (Applaudissements sur les travées du groupe écologiste, du groupe socialiste et du groupe CRC, ainsi que sur certaines travées du RDSE.)
Mme Éliane Assassi. Exactement !
Mme Cécile Duflot, ministre. En outre, je tiens à répondre à vos allégations de manière très précise. Le prix moyen d'une chambre d'hôtel en Île-de-France est de 15 euros par personne et par nuit. Cela représente un budget de 5 000 euros par an et par personne.
M. Pierre Charon. Non ! Vous êtes élue de Paris, vous devriez le savoir !
Mme Cécile Duflot, ministre. Nous sommes loin de 150 euros par nuit !
M. Pierre Charon. Je l'ai vécu à Paris !
Mme Cécile Duflot, ministre. Je vous invite à contacter les nombreuses associations qui se feront un plaisir de vous faire visiter les hôtels dans lesquels ces personnes sont accueillies. Vous conviendrez, alors, que les conditions de décence ne sont pas toujours remplies. Néanmoins, je l'ai dit, nous n'avions pas, jusqu'à maintenant, les moyens de faire autrement.
Ce sujet relève de la dignité humaine.
Mme Annie David. Exactement !
Mme Cécile Duflot, ministre. La manière dont nous considérons des hommes, des femmes et des enfants qui sont nos égaux et qui vivent parfois dans la rue, dans des conditions absolument inacceptables, est une question essentielle pour un pays comme le nôtre, qui revendique les valeurs d'égalité, de fraternité, mais non pas de charité.
M. Yannick Vaugrenard. Exactement !
Mme Cécile Duflot, ministre. Je considère qu'il est du devoir de la République de loger de façon respectable l'ensemble de ses habitants.
C'est, en tout cas, ce à quoi s'emploie le Gouvernement, sans esprit de polémique, mais avec une détermination qui n'a d'égale que la force de ses valeurs. (Applaudissements sur les mêmes travées.)
M. le président. La parole est à M. Pierre Charon, pour la réplique.
M. Pierre Charon. Madame le ministre, ayant récemment été élue à Paris, vous aurez l'occasion de vérifier le prix des chambres d'hôtel. Les Français qui nous regardent actuellement à la télévision peuvent le faire aussi !
Mes collègues sont d'accord avec moi : le prix d'une chambre d'hôtel ne s'élève pas à 15 euros, loin de là ! Cela dit, je comprends votre gêne. (Exclamations sur les travées du groupe CRC et du groupe socialiste.)
Mme Éliane Assassi. Lamentable !
M. Pierre Charon. C'est moi qui ai la parole, vous ne pouvez pas intervenir ! (Oh là là ! sur les mêmes travées.) C'est tout l'intérêt des questions cribles ! La démocratie existe au Sénat !
Ma proposition est claire : avant de faire la leçon à tout le monde, il faut balayer devant sa porte. (Nouvelles exclamations sur les mêmes travées.)
Mme Annie David. Quelle honte !
M. Pierre Charon. La mairie de Paris a de nombreux bâtiments, qui pourraient permettre de loger les 14 000 personnes qui vivent dans la précarité sur son territoire.
Pour cela, ce serait la moindre des choses, il faudrait mener un travail de transparence. Madame le ministre, en tant que présidente du groupe Europe Écologie au conseil régional d'Île-de-France, vous avez voté, au mois de février dernier, l'achat d'un hôtel particulier du XVIIIe siècle, sis rue Barbet-de-Jouy, pour un montant de 19 millions d'euros, et qui est destiné au confort des vice-présidents de la région.
Mme Éliane Assassi. Quel est le rapport ?
M. Alain Bertrand. Cela n'a rien à voir !
M. Pierre Charon. On l'appelle avec malice le « château Huchon » ! Sa surface est de 1 800 mètres carrés. À l'heure actuelle, évidemment, il est vide ! (Nouvelles exclamations sur les mêmes travées.)
M. Michel Vergoz. Hors sujet ! Zéro !
La source —
senat_questions · nº 14627a:13b8369498f:-5ebc
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