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14 septembre 2026 · Parlement européen · hémicycle Séance
rapporteur. – Madame la présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, aujourd'hui, c'est un jour important puisque cela fait des années que le Parlement européen demande à ce qu'il y ait, pour protéger nos industriels qui exportent vers des marchés, vers des pays où il n'y a pas de prix du carbone – cela fait des années que le Parlement européen demande un outil spécifique pour accompagner nos exportateurs de façon à compenser le désavantage concurrentiel qu'ils subissent en ayant, eux, un prix du carbone qu'ils payent en Europe sur des marchés à l'export qui n'ont pas de prix du carbone. Cela faisait des années qu'on nous disait que ce n'était pas possible, et puis finalement, la Commission européenne a proposé un fonds de décarbonation temporaire qui répond exactement à cet enjeu. Je suis ravi de voir qu'il y a dans cette enceinte un très large soutien à ce type d'outil, contrairement au Conseil, puisque les États membres, eux, n'avancent pas dans cette négociation. J'espère que cette semaine, en ayant voté et en ayant voté le plus largement possible en faveur de ce fonds, on enverra un signal très fort. D'ailleurs, je note, Monsieur le Commissaire, que vous n'avez vous-même pas repris un tel mécanisme dans votre nouvelle proposition de marché du carbone. Je suis très surpris, parce que le besoin de protéger nos exportateurs contre la concurrence déloyale liée à l'absence de prix du carbone sur les marchés export va demeurer dans la durée au delà de ce fonds de décarbonation temporaire qui commence dès que possible, dès que nous l'aurons voté, jusqu'en 2030. Il répond donc, ce fonds, à un enjeu très clair, une attente des industriels, et c'est très bien de donner corps à cette attente. Mais à côté, il y a aussi la question des agriculteurs – mon collègue Mohammed Chahim vient d'y faire référence. Nous avons parfaitement conscience que lorsque l'on met en place un prix du carbone sur les engrais qui sont utilisés par les agriculteurs, eh bien cela rehausse le prix des engrais. Même si, il faut toujours le rappeler, c'est une toute petite partie dans l'augmentation qui a été effective l'année dernière du prix des engrais, qui est liée essentiellement au prix du gaz et à la crise dans le détroit d'Ormuz, et par ailleurs au comportement de la Russie qui maîtrise ce marché du gaz mondial. Donc ne nous trompons pas de combat: la priorité si l'on veut réduire la dépendance aux engrais et à leur évolution sur le prix mondial, c'est de décarboner notre agriculture et c'est aussi de produire en Européens. Et c'est pour cela que nous avons, ensemble, avec Mohammed Chahim, conçu cette réforme du Fonds temporaire de décarbonation pour permettre aux agriculteurs qui exportent du blé, par exemple, des céréales, qui sont donc eux-mêmes en concurrence sur des marchés export, par exemple au Moyen-Orient, avec des producteurs russes qui, eux, ne payent pas le prix du carbone, d'avoir une compensation financière – non pas en supprimant le mécanisme d'ajustement carbone pour les engrais, non pas en créant une incertitude radicale, qui a été dénoncée par les industriels, qui était la proposition initiale de la Commission, à savoir donner à la Commission la possibilité de suspendre un secteur à tout moment du champ du MCAF, ruinant ainsi la prévisibilité que le MCAF apporte – mais sans nier qu'il y a effectivement un problème à résoudre spécifiquement pour nos agriculteurs et le prix des engrais. C'est pour ça que la solution que nous avons trouvée tous ensemble, la droite et la gauche, de façon pragmatique, j'espère que nous pourrons la soutenir largement en plénière. Je crois que ce sera le cas, je m'en réjouis car nous pourrons ainsi la négocier fortement dans le cadre des trilogues qui vont commencer avec les autres institutions. Merci pour votre soutien large. Je pense que sur ce sujet, il ne faut pas faire de politique politicienne, il faut être pragmatique, ambitieux et garder en permanence le cap de la décarbonation comme étant un élément de souveraineté. Et je regrette qu'encore une fois, les députés d'extrême droite, plutôt que de mener cette bataille préfèrent détruire le MCAF au nom d'une idéologie anti-climat qui est totalement primaire et désuète après l'été que nous venons malheureusement de passer.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-10-2026-09-14_FR.html
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