au nom du groupe PfE. – Monsieur le Président, depuis des années, vous faites de la mobilité des travailleurs un horizon en soi. Mais à force de vouloir rendre le travail toujours plus mobile, on finit aussi par rendre les salariés toujours plus interchangeables. On connaît déjà les conséquences désastreuses de cette politique: dans plusieurs secteurs le travail détaché a pesé à la baisse sur les salaires et a alimenté une concurrence sociale que nos compatriotes ont directement subie.
Le problème social de la France, ce n'est pas que les Français ne bougent pas assez, c'est qu'on a détruit trop d'emplois là où ils vivent. Et la reconnaissance des qualifications ne doit pas conduire à niveler nos exigences par le bas. La mobilité transfrontalière, certes, fait partie de la vie de nombreux territoires. Elle doit bénéficier à leurs habitants, mais pas devenir un moyen supplémentaire de banaliser le travail détaché.
En résumé, nous n'accepterons jamais votre vision consistant à penser que tous les peuples sont interchangeables dans un immense marché mondial du travail.
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)