– Monsieur le Président, avouons-le: nous avons de mauvaises habitudes. L'une d'entre elles consiste à mal nommer les choses. L'Union européenne s'est progressivement habituée à user d'euphémismes lorsqu'il s'agit de ce qui nous menace, tout en se payant de mots sur ce qu'elle fait vraiment pour y répondre.
Les menaces hybrides en sont l'un des meilleurs exemples, ou plutôt l'un des pires. L'attaque de drones explosifs déjouée à Leipzig n'est pas une menace hybride. C'est un projet d'attentat terroriste. Les sabotages, les cyberattaques, les manipulations de l'information, l'ingérence dans nos élections, ce ne sont pas de mauvaises manières d'un voisin mal élevé, ce sont des manières de nous faire la guerre sans la déclarer.
Face à cela, l'Union européenne est devenue championne en titres ronflants et en annonces creuses. Un Bouclier européen de la démocratie, ce serait formidable si c'était vrai. Aujourd'hui, on a à peine l'embryon d'un centre d'échanges de bonnes pratiques. Rien de plus. Un mur anti-drone, on en a rêvé: personne ne l'a fait. Une commission géopolitique, permettez-moi de sourire.
À la veille du discours sur l'état de l'Union, je voudrais rappeler à Ursula von der Leyen que le meilleur moyen de perdre la confiance des Européens consiste à promettre beaucoup trop et à faire beaucoup trop peu. Pour ma part, c'est la patience que je suis en train de perdre.
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)