Monsieur le président du Congrès, monsieur le président du Sénat, monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les membres du Gouvernement, chers collègues parlementaires, c’est le 16 novembre 2015 que j’assistais pour la première fois à une réunion du Congrès. L’histoire commandait alors que les représentants de la nation se rassemblent. En souvenir de ce jour, je veux rendre hommage à la mémoire de toutes les victimes du terrorisme et exprimer nos sentiments solidaires dans la peine à toutes les familles qui ont perdu l’un des leurs.Mesdames et messieurs, Emmanuel Macron avait annoncé tôt dans sa campagne qu’il s’exprimerait chaque année devant le Parlement réuni. Je salue cette pratique nouvelle qui permettra au Président de la République de faire partager sa vision et de rendre compte de son action à la représentation nationale.Les points cardinaux posés aujourd’hui par le Président de la République seront ceux de notre boussole pour le travail de la XVe législature de l’Assemblée nationale.Face aux défis, l’heure n’est plus au statu quo ni à l’immobilisme mais à l’action. Nos objectifs sont clairs, y compris pour ce qui est des évolutions institutionnelles nécessaires. Ils consistent à donner corps, avec le Gouvernement, au contrat passé entre le Président de la République et nos concitoyens pour la réalisation des chantiers essentiels à l’avenir de notre pays. Ce contrat engage toute la majorité issue des urnes, pour remettre la France en marche, pour permettre aux Françaises et aux Français de redevenir maîtres de leur destin et à la nation de retrouver le mouvement créateur d’une grande histoire. Aujourd’hui est la première étape.Nous avons l’obligation absolue de réussir. Les Françaises et les Français ne veulent plus seulement des intentions et encore moins des dogmes ; ils veulent des solutions, des actes et des résultats.Il s’agit d’abord de libérer notre pays des carcans et des blocages qui freinent l’activité et pénalisent la cohésion, pour renouer avec la prospérité, le progrès, le mouvement, l’inventivité, créer plus de justice et d’égalité. Il nous incombe collectivement de décrisper les tensions inutiles, de permettre un souffle et un élan nouveaux, de donner, en priorité à la jeunesse, de nouvelles espérances. Certaines règles, devenues obsolètes – nous le savons toutes et tous –, doivent être modernisées, allégées, voire abolies. Cela passe par une action publique plus efficace, plus rapide, plus ciblée. Il appartiendra au Parlement de s’en assurer, notamment en axant davantage son travail sur l’évaluation et le contrôle des politiques publiques. (Applaudissements sur de nombreux bancs).Nous devons également bâtir une France et une Europe protégeant des dangers réels que rencontrent nos concitoyens au XXIe siècle, et non de dangers passés, fantasmés ou faussement exacerbés. Chacune et chacun, dans notre pays, doit demain trouver les clés pour s’accomplir. Nous devrons donc dresser de nouvelles protections plus adaptées, plus audacieuses, plus agiles, d’abord pour assurer notre sécurité, en particulier face à la menace terroriste, mais aussi pour protéger chacune et chacun contre les aléas de la vie, dans un monde en constante évolution, en améliorant et en calibrant mieux notre formation, en transformant notre système de santé et notre politique du logement, en réformant l’assurance chômage, afin qu’elle devienne un droit universel pour chacun, et en investissant massivement dans la transition écologique et énergétique pour un nouveau modèle de croissance. Nous n’y parviendrons que par la relance d’une Europe ambitieuse, tournée vers l’avenir, qui investit et trace des perspectives partagées.Mais ce n’est pas tout. Il nous faut aussi réconcilier. Réconcilions les territoires en garantissant l’égalité républicaine sans jamais imposer un modèle unique, en réinvestissant dans la France qui se sent laissée pour compte, en encourageant les nouveaux circuits économiques dans la France rurale et agricole, en amplifiant une ambitieuse politique de rénovation urbaine pour lutter contre la pauvreté et le handicap social, en développant les réseaux de transports pour désenclaver, relier, rapprocher les territoires ! Réconcilions aussi les Français avec l’avenir, le progrès, l’espoir d’une vie meilleure pour les générations suivantes, avec leurs représentants politiques, mais aussi entre eux ! Monsieur le Président de la République l’a évoqué, cela passe prioritairement par l’éducation et la culture, qui constituent le socle et la condition de notre cohésion nationale. La transmission des savoirs fondamentaux, de notre culture et de nos valeurs républicaines, au premier rang desquelles figure la laïcité, doit être remise au cœur du projet de notre école et de nos universités.Un chantier majeur, au cœur de l’intervention du Président de la République, est celui du renouveau démocratique. Nous devons redonner confiance dans la vie publique. Nous devons également reconstruire un projet politique pour l’Europe, levier de notre influence et de notre puissance.Libérer, protéger, réconcilier : tels sont les points cardinaux de notre travail parlementaire à venir. Les Françaises et les Français nous ont fait confiance en élisant une majorité à l’Assemblée nationale pour qu’elle tienne ce cap et apporte les réponses attendues.Président du groupe La République en marche de l’Assemblée nationale, je mesure l’exigence de cette mission et la responsabilité collective qui est désormais la nôtre. Notre groupe présente un renouvellement visible des visages. À nous, toutes et tous, de renouveler ensemble les usages et les pratiques. Il nous incombe ainsi de démontrer que la politique n’est pas affaire de posture mais un engagement au service de la nation, ancré dans le quotidien des Françaises et des Français et fidèle aux promesses faites.L’enjeu n’est évidemment pas de changer les personnes pour conserver les pratiques. Bien au contraire, le travail parlementaire doit être rénové pour être en phase avec les attentes de notre peuple. Les pistes ouvertes par le Président de la République sont celles que nous devrons explorer.D’ores et déjà, nos députés seront entièrement investis, tant à l’Assemblée qu’auprès des habitants de leur circonscription, déterminés – je le sais, ils l’ont dit – à accomplir un travail parlementaire plus exigeant et plus approfondi.Nous portons la volonté d’une exigence de co-construction, en faisant preuve d’ouverture vers les autres, une exigence bienveillante envers le Gouvernement et pragmatique dans toutes nos décisions. Chaque fois qu’une idée nous paraîtra bénéficier à la France, nous la soutiendrons bien volontiers, sans en contrôler l’appellation d’origine. (Applaudissements sur de nombreux bancs.)Alors, mes chers collègues, évaluons, corrigeons, améliorons, simplifions et choisissons de ne légiférer que sur l’essentiel ! Sinon, nous deviendrons des fabricants de normes, dont on sait, sur le terrain, que leur multiplication freine l’action et l’inventivité. Pour changer la réalité, il faut commencer par la regarder en face, même lorsque cela cogne. Vis-à-vis de notre pays et de nos concitoyens, nous avons le devoir de tendre vers l’idéal, afin de redonner l’énergie de l’espérance collective et sortir de cette forme de délectation morose qui a paralysé notre pays ces dernières années.Soyons-en sûrs, ce sont les forces de la liberté et les liens d’une société fraternelle qui nous libéreront de ces « forces de l’aliénation » évoquées par le Président de la République. Nous devons ensemble développer une éthique de la méthode et des résultats pour que notre efficacité collective soit reconnue. Mes chers collègues, prenons la mesure de l’histoire et marchons, marchons pour que l’espoir abreuve nos sillons ! (De nombreux membres du Congrès se lèvent et applaudissent.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
L’ordre du jour appelle le débat sur la déclaration du Président de la République.Je vous rappelle que chaque groupe dispose d’un temps de parole de dix minutes pour l’orateur qu’il a désigné et que cinq minutes ont été attribuées à un membre du Congrès n’appartenant à aucun groupe.La parole est à M. Richard...
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(La prise de parole ci-dessus)