Si vos manipulations électorales ont réussi, sans doute pour la dernière fois, à faire barrage à la volonté du peuple au nom de l’oligarchie, nous, le Rassemblement national, avons enfin fait barrage à l’oligarchie au nom du peuple ! (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe RN.)Oui, tout relevait, dans cette censure, de l’événement historique ; tout aux yeux des Français, mais rien aux vôtres. Qu’avez-vous fait de cette censure et du message politique inédit qu’elle portait ? Rien. Fidèle à la nature nihiliste du macronisme, vous n’avez fait que détourner la prophétie de Nietzsche : tout ne vaut rien ; tout arrive et, cependant, il ne se passe jamais rien, tant cela vous est indifférent.L’ultime mérite de la censure et des semaines pitoyables qui l’ont suivie aura été de confirmer aux Français votre vraie nature. D’un événement historique, vous ne voyez rien. Du peuple souverain, vous n’écoutez rien. D’une rupture démocratique, vous ne dites rien. Avec cette censure, la Ve République aurait-elle tremblé sans qu’aucun macroniste ici ne sente la moindre secousse ni aucune réplique ?Encore aurait-il fallu que vous vous soumettiez au sens profond de la Ve République : le pouvoir du peuple, pour le peuple et par le peuple. Encore aurait-il fallu que vous obéissiez, chers collègues, à une certaine idée de la République, à une certaine idée de la nation, à une certaine idée de la France. Mais vous n’êtes gouvernés que par une idée certaine de vous-mêmes !Avec cette censure, le chef de l’État aurait pu embrasser enfin, au bout de sept ans, son véritable rôle constitutionnel, celui de garant de nos institutions. Encore aurait-il fallu qu’Emmanuel Macron soit un chef. Encore aurait-il fallu qu’il reste un État. En somme, encore aurait-il fallu qu’Emmanuel Macron n’apparaisse pas pour ce qu’il est : le vide du pouvoir pour un pouvoir avide ; le vide de l’âme pour une âme avide. (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.)Le macronisme n’est qu’un trou noir dévorant l’identité de la France pour que notre nation se perde dans son déclin civilisationnel et social ; un trou noir dont la France ne pourra ressortir, espère le président de la République, qu’à travers une Union européenne stérile, ce « berceau vide où il n’y a pas d’enfant » annoncé par Marie-France Garaud.Après cette déception, monsieur le premier ministre, une seule question vaut, et elle est simple : êtes-vous enfin du côté du peuple français, de sa dignité, de son identité, de sa liberté ? Ou bien êtes-vous encore du côté d’Emmanuel Macron ?Vous aviez pourtant tout prévu. En 2017, vous vous disiez « absolument sceptique » sur « l’hologramme » qu’était Emmanuel Macron. Vous ajoutiez que derrière Emmanuel Macron, il y avait de grands intérêts financiers, incompatibles avec l’impartialité exigée par la fonction politique. Vous précisiez : « On a essayé en 2007 avec Nicolas Sarkozy, et ça n’a pas très bien marché. On a essayé en 2012 avec Dominique Strauss-Kahn… »Vous étiez alors prophète, monsieur Bayrou. Hélas, vous avez choisi le pire : Emmanuel Macron, puis les amis de Nicolas Sarkozy, et maintenant, vous courez derrière ce qu’il reste de socialistes défroqués que n’aurait pas reniés Dominique Strauss-Kahn. En un sens, je vous comprends : ils n’ont pas l’air de coûter cher, les socialistes ; ils se sont soldés aux Insoumis et désormais, tout doit disparaître dans leur héritage !
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Tout dans la nuance !
Oui, la censure a interdit au macronisme de continuer à tondre les classes moyennes et populaires, de spolier les retraités et les travailleurs, d’accabler les entreprises et les entrepreneurs, de solder encore et toujours notre parc nucléaire à nos voisins européens.
Une députée du groupe DR
Respire !
(La prise de parole ci-dessus)