Nous pensons que vous en êtes capable, car la famille de pensée que vous représentez, les chrétiens-démocrates, a les valeurs nécessaires au sursaut. Nous n’oublions pas que le Modem a toujours défendu en paroles, et souvent en actes, une démocratie saine et pluraliste, une moindre injustice sociale et fiscale, une vision fraternelle et humaniste pour notre pays.Vous avez eu la force, par le passé, de dénoncer les oligarques du régime et le pillage des biens publics, comme la privatisation des autoroutes. Vous avez, avant d’autres, dénoncé la ruine de l’État, la spoliation des classes moyennes et des entrepreneurs, le tonneau des Danaïdes de la bureaucratie. Il serait injuste de ne pas porter ces combats à votre crédit, mais il serait d’autant plus impardonnable que vous ne mettiez pas aujourd’hui ces principes au bénéfice de la nation, alors que vous avez le pouvoir en main.Hélas, à écouter votre discours ce jour, je nourris des espoirs bien rachitiques. Dans l’attente de votre décision de rompre avec le macronisme, nos compatriotes ont tiré, à une large majorité, leurs propres conclusions de leurs désillusions. Vous ne bénéficiez d’aucun état de grâce : à peine 20 % des Français soutiennent une action qui n’a même pas commencé, car ils craignent qu’elle n’ait déjà que trop duré.La France et nos concitoyens tiennent debout et avancent malgré vous, en dépit de vous, et même désormais contre vous. Hélas, nos compatriotes ne se détournent pas seulement de la Macronie : ils se demandent si la France dispose encore d’un État capable de les protéger. Peut-on leur donner tort ?À Mayotte, face à la tragédie de l’ouragan Chido et de la tempête Dikeledi, existe-t-il encore un État ? Au Rassemblement national, nous croyons qu’il existe, à travers les fonctionnaires, les agents, les soignants, les enseignants, les forces de l’ordre, les élus locaux. Cet État existe, à travers les deux admirables députées de Mayotte : notre sœur de combat, députée Rassemblement national, Anchya Bamana (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR), et notre collègue du groupe LIOT, Estelle Youssouffa (Mêmes mouvements), deux parlementaires éminemment courageuses qui portent haut les valeurs de la France. Toutes et tous sont l’honneur de notre pays, un honneur à la hauteur de l’amour des Mahorais pour notre nation, Français par le cœur, par la volonté et par l’histoire depuis 1841.Or vous, macronistes, qu’avez-vous fait de cet amour ? Faut-il que notre pays soit insulté, qu’on veuille l’humilier et le submerger comme le fait le régime comorien pour mériter votre respect ? Faut-il des émeutes, des violences, des crachats sur les valeurs de la République pour obtenir le respect de la part d’un pouvoir indigne de la France ? En réalité, les Mahorais ressentent le même mépris que tous les honnêtes gens sur nos territoires, cette immense douleur de l’abandon, de l’injustice et du désordre.Face à la pire des tragédies, votre gouvernement et vous continuez de mentir sur la population à Mayotte – vous venez encore de le faire dans votre discours. Vous mentez, avec des visites Potemkine et des annonces médiatiques rassurantes pour l’Hexagone, mais qui dissimulent en réalité la détresse, la tragédie que vivent les Mahorais. Vous mentez sur tout : sur l’électricité, sur les vivres, sur l’eau, sur l’école, sur les soins, sur la sécurité, sur la submersion migratoire, et même – c’est sans doute le pire – sur la gravité du bilan humain de cette catastrophe.Comment est-il possible que la sixième puissance mondiale ne soit toujours pas capable de dire aux Françaises et aux Français combien nous devons pleurer de morts à Mayotte ? Il est inacceptable qu’au bout d’un mois, la situation soit encore celle-là ! Nulle part ailleurs sur le territoire les Français n’accepteraient d’ignorer à quel point nous sommes endeuillés, combien nous devons pleurer de disparus.Nous n’acceptons pas, monsieur Bayrou, ces mensonges d’État, le plan au rabais que vous avez proposé et ces promesses jamais tenues. Nous n’acceptons pas que le contrôle total de l’immigration, la suppression du droit du sol à Mayotte et la destruction définitive des bidonvilles ne soient pas le préalable à tout véritable plan de redressement pour l’île. Force est de constater que seule Marine Le Pen aura la détermination d’appliquer l’égalité républicaine à Mayotte ; la priorité nationale est le seul principe à même de restaurer un ordre juste et de bâtir un avenir pour toute la France. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)Notre exigence de fraternité, de solidarité et de dignité envers Mayotte est une ligne rouge. Si elle n’est pas scrupuleusement respectée, le groupe Rassemblement national vous censurera. Pour le reste, les lignes rouges que notre groupe avait fixées avec Marine Le Pen et Jordan Bardella demeurent les mêmes ; elles n’ont jamais varié et ne varieront pas. Nous n’acceptons pas que se poursuivent et s’aggravent l’effondrement régalien de la France, la submersion migratoire et l’ensauvagement de la société, qui a fait bien trop de victimes. Les titres ronflant des grands ministres d’État n’y feront rien, si la politique que vous menez ne change pas de dimension.Bien sûr, les mots de Bruno Retailleau sont les nôtres et ceux de Gérald Darmanin nous débordent parfois même sur notre droite (Exclamations sur les bancs des groupes EcoS et GDR), avec les excès de zèle des nouveaux convertis ou des réminiscences de leur lointaine jeunesse. Hélas, les actes ne suivent pas, puisque vous avez les pieds et les poings liés par votre propre majorité, par un gouvernement abusif des juges et par une démocratie européenne qui ne cesse de s’immiscer dans nos affaires.À cet égard, la pitoyable mascarade de l’expulsion ratée de l’agent de haine Doualemn est l’humiliation de trop. Elle a la même cause que la prise d’otage que constitue l’enfermement abject de Boualem Sansal et, avec lui, de ses idées lumineuses, qui devraient être le véritable lien avec le grand peuple algérien.Mais quel respect pourriez-vous espérer des gérontes du régime d’Alger, Emmanuel Macron ayant alterné en quelques mois, en 2017, l’éloge de la colonisation et l’insulte à notre histoire en prétendant que la France avait commis des crimes contre l’humanité ?
La source —
assemblee_nationale
Pas d'URL publique donnée par la source
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé
Dans la séance, autour de cette prise de parole
Bois un coup !
Au terme de sept ans d’erreur, après avoir choisi le pire, allez-vous enfin choisir le meilleur des biens ?
Faites donc des propositions !
(La prise de parole ci-dessus)