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14 janvier 2025 · Assemblée nationale · hémicycle Séance
Nous nous prononcerons sur les textes de loi en ne pensant qu’à l’intérêt de nos concitoyens ; le souci de répondre à leurs urgences constituera notre seule boussole.La première des urgences est d’engager des réformes permettant d’améliorer le pouvoir d’achat de nos concitoyens. Une conférence sociale nationale sur le partage de la valeur est indispensable. Il convient de réfléchir aux pistes permettant aux entreprises françaises de toutes tailles de générer plus de résultat afin de permettre ce partage. Nous sommes convaincus que le travail doit être plus rémunérateur. Or comment accroître le pouvoir d’achat des Français quand notre système fiscal crée des trappes à bas salaires ? Un chef d’entreprise qui veut augmenter son salarié de 100 euros net doit en débourser 480. C’est à de tels problèmes qu’il faut apporter des réponses.Par ailleurs, n’oublions pas nos agriculteurs, qui attendent d’urgence des mesures concrètes et conformes aux engagements pris il y a un an. Qu’il s’agisse des revenus, de la loi Egalim, du prix des produits agricoles, de la taxation du gazole, des aides européennes, de la politique agricole commune (PAC), du pacte vert pour l’Europe, du plan Écophyto, ou encore des accords de libre-échange – vous les avez évoqués –, il nous faudra répondre à leurs attentes.Quant au domaine du logement, premier poste de dépense des ménages, il est symptomatique des problèmes français : surréglementation, manque de visibilité, éparpillement des moyens, spéculation galopante et, finalement, absence de résultat probant.Lorsque l’on parle de pouvoir d’achat, nous ne pouvons passer sous silence le sort de nos concitoyens d’outre-mer, singulièrement oubliés ces dernières années. Sur la continuité territoriale des biens et des personnes, ils attendent des réponses précises.Le terrible drame qui a frappé Mayotte nous oblige à reconstruire durablement ce territoire français pour permettre aux Mahoraises et Mahorais de regarder l’avenir avec confiance : il est impératif d’adopter une loi pour Mayotte, qui réponde aux problèmes spécifiques rencontrés par nos concitoyens mahorais, avec une programmation budgétaire fixant un calendrier de développement. Des adaptations sont également attendues pour y lutter contre l’immigration clandestine.Un autre territoire insulaire – sans parler de la Nouvelle-Calédonie que vous avez évoquée –, la Corse, attend, depuis le début de la nouvelle législature, que reprenne le processus dit de Beauvau, dont le groupe LIOT estime fondamental qu’il débouche rapidement sur un statut d’autonomie, attente majeure exprimée par le peuple corse depuis de nombreuses années.Les Françaises et les Français mettent encore, en ce début d’année 2025, la santé au premier rang de leurs priorités, en particulier dans nos territoires ultramarins et nos territoires ruraux. Nombre d’entre eux rencontrent des difficultés pour obtenir un rendez-vous auprès d’un médecin spécialisé, voire une simple consultation chez un médecin généraliste ; des services hospitaliers ferment ; les personnels soignants sont toujours en souffrance. La suppression des agences régionales de santé (ARS) permettrait de réaliser des économies tout en laissant les personnels soignants se concentrer sur les patients plutôt que les statistiques. Vous avez eu le mot juste, monsieur le premier ministre : nous avons besoin de débureaucratiser la santé !Rappelons l’importance de mieux prendre en compte le vieillissement de notre population et ses conséquences au travers d’un plan « grand âge », maintes fois repoussé et pourtant si nécessaire à notre pays.S’agissant toujours des questions sociales, le groupe LIOT s’était opposé à l’adoption de la réforme des retraites, notamment à cause de la mesure d’âge. Nous espérons que la conférence de financement, que vous venez d’annoncer et que nous considérons comme un premier pas, permettra d’aboutir à la suspension de cette mesure, que nous avons toujours considérée comme injuste.La lutte contre la délinquance, contre le trafic de stupéfiants en particulier, constitue également une priorité pour nos compatriotes. Il est devenu clair aux yeux de tous qu’il faut plus de moyens et personnels actifs et visibles sur le terrain, mais aussi une exécution effective des peines et une lutte efficace contre la récidive. À propos de lutte contre le trafic de stupéfiants, j’appelle l’attention du premier ministre sur la situation des Antilles, véritable porte d’entrée de la drogue. Il faudra y consacrer les moyens nécessaires à endiguer ce fléau.La question du contrôle et de la limitation effective des flux migratoires est aussi une source d’interrogations et d’inquiétudes fortes pour nos concitoyens. Des mesures concrètes doivent être déployées avec pragmatisme, réalisme, rigueur mais aussi humanité.Comme son nom l’indique, le groupe LIOT est attaché aux libertés fondamentales. Nous ne pouvons pas accepter de mettre entre parenthèses les fondamentaux de notre démocratie et, en premier lieu, l’État de droit, qui ne peut souffrir aucune remise en cause.Toujours en matière de fondamentaux, l’enjeu majeur du redressement des comptes publics, particulièrement dégradés, doit être abordé dans un esprit de justice fiscale et sociale, en particulier par le rééquilibrage des charges entre les revenus du travail et ceux du capital. Le financement de notre modèle social repose quasi uniquement sur le travail des Français. Si une telle vision était pertinente à la sortie de la seconde guerre mondiale, un nouveau modèle est à inventer pour pérenniser notre système social.Permettez-moi de rappeler encore une fois que les collectivités, qui supportent 70 % de l’investissement public et sont soumises à la règle d’or, ne sont pas responsables du déficit de l’État. Il faut arrêter d’en faire les coupables, faute du courage nécessaire pour engager l’État dans de réelles économies de fonctionnement. Suppression d’agences et d’opérateurs de l’État, réel audit des 200 milliards d’aides publiques aux entreprises, taxe sur les rachats d’actions et les plus hauts revenus : nous avons défendu des propositions responsables pour réaliser des économies et dégager des recettes supplémentaires justes, ne reposant pas sur les plus modestes, dans le cadre d’un effort partagé et sans détruire l’appareil de production ou nos très petites, petites et moyennes entreprises (TPE-PME).Les membres de mon groupe sont convaincus que la centralisation exacerbée de notre pays est un facteur de tensions sociales et de dégradation démocratique, et qu’elle pèse lourdement sur nos déficits budgétaires et sur la situation de nos services publics. Nous regrettons que vous n’ayez pas annoncé un nouveau mouvement de décentralisation politique, qui attribue un pouvoir réglementaire aux élus locaux dans leurs domaines de compétence et qui fasse advenir une véritable autonomie fiscale en renforçant la démocratie locale. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LIOT.)En conclusion, notre priorité, au cours de cette législature, est d’être dans l’opposition tout en demeurant force de proposition, dans le dialogue et le respect de tous, pour donner une chance à notre pays et à nos concitoyens d’aborder l’avenir de manière plus sereine.Monsieur le premier ministre, vous vous trouvez sur un chemin de crête étroit ; le groupe LIOT, lui, favorisera toujours, de manière responsable, la stabilité dont notre pays a besoin. Vous aurez l’obligation de développer une réelle méthode de travail, en concertation avec l’ensemble des forces politiques. Les Français nous regardent : l’immobilisme est un danger ; l’action, une nécessité. (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT et sur quelques bancs des groupes SOC et Dem.)
La source — assemblee_nationale
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(La prise de parole ci-dessus)