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5 octobre 2026 · Assemblée nationale · hémicycle Séance
Aux côtés de huit de mes collègues Démocrates, conduits par notre président de groupe, nous nous sommes rendus début septembre à Chisinau. Et ce que nous y avons vu est sans appel : une société déterminée à préserver sa souveraineté, son modèle démocratique et la liberté de choisir son avenir.La Moldavie est un petit pays, force est d’en convenir. Mais elle ne saurait être réduite à sa superficie, à sa population ou à son PIB. La Moldavie est aussi un symbole, celui de ces peuples jadis soviétiques, désormais indépendants ; jadis soumis, désormais libres, et qui veulent le rester.Cette liberté n’a rien d’abstrait. Depuis l’agression russe contre l’Ukraine, la Moldavie est directement confrontée aux conséquences de la guerre à ses frontières, aux tentatives de déstabilisation et aux ingérences étrangères. Elle a pourtant fait le choix de poursuivre son chemin européen. Les négociations d’adhésion à l’Union européenne ont été formellement ouvertes en juin 2024. La France doit être à ses côtés dans ce cheminement.Les deux accords soumis à notre approbation traitent de sujets différents. Ils suivent pourtant la même méthode et ont la même finalité. La méthode, c’est celle du pragmatisme. En matière de sécurité sociale comme de défense, nous cherchons à aller aussi loin que possible dans l’intérêt mutuel de nos deux pays. Il ne s’agit ni de tirer profit de la situation particulière de la Moldavie, ni de céder à une quelconque naïveté : il s’agit de construire, progressivement, des coopérations solides et concrètes.L’accord relatif à la sécurité sociale en fournit une bonne illustration. Aujourd’hui, aucune convention bilatérale ne coordonne nos deux systèmes, alors même qu’une importante communauté moldave vit et travaille en France. L’accord permettra notamment de mieux prendre en compte les périodes d’assurance accomplies dans les deux pays pour l’ouverture et le calcul des droits à pension. Il permettra également d’éviter certaines situations de double affiliation et renforcera la coopération entre nos organismes de sécurité sociale. Derrière l’aspect administratif se cache un enjeu simple : sécuriser les parcours de celles et ceux qui travaillent, cotisent et construisent leur vie entre nos deux pays.L’accord de coopération en matière de défense répond évidemment à une autre nécessité. Je veux rappeler qu’il ne comporte aucune clause de défense mutuelle et respecte pleinement la neutralité inscrite dans la Constitution moldave. En revanche, il offre un cadre juridique durable à une coopération qui s’est considérablement renforcée depuis 2022. Formation des forces armées, échanges d’expertise, coopération en matière de renseignement, surveillance de l’espace aérien : nous aidons la Moldavie à développer les moyens d’assurer sa propre sécurité. La livraison d’un radar français, opérationnel depuis 2023, constitue une réalisation concrète de cette coopération. Celle-ci n’est d’ailleurs pas à sens unique : face aux ingérences, à la désinformation et aux stratégies hybrides, l’expérience moldave est aussi précieuse pour la France et pour l’Europe.Finalement, ces deux accords disent quelque chose de la manière dont se construit aujourd’hui l’Union européenne. L’Europe ne se bâtit pas seulement à Bruxelles, dans les traités ou au cours des négociations d’adhésion. Elle se construit aussi patiemment, en rapprochant les sociétés, en protégeant les droits, en développant des coopérations et en donnant aux États les moyens d’exercer pleinement leur souveraineté. C’est ainsi que se dessine progressivement la nouvelle architecture politique et de sécurité de notre continent. Et c’est ainsi que nous devons accompagner la Moldavie dans le choix européen qu’elle a souverainement fait. Le groupe Les Démocrates votera donc en faveur de l’approbation de ces deux accords. (M. Laurent Mazaury applaudit.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

La parole est à Mme Véronique Besse, rapporteure de la commission des affaires étrangères.
L’accord relatif à la coopération dans le domaine de la défense soumis à notre vote est de facture tout à fait classique : bon nombre de ses clauses se retrouvent dans des accords de coopération similaires. Il comporte deux volets : le premier a trait à la coopération elle-même, dont le champ est très vaste, et le... Lire ▸
Dans la discussion générale, la parole est à Mme Carole Guillerm.
(La prise de parole ci-dessus)