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10 janvier 2023 · Assemblée nationale · hémicycle Séance
Je commencerai, madame la présidente, par vous faire part de mon indignation concernant le sort réservé par cette législature au sujet de l’école. L’application du 49.3 nous a privés d’examiner la mission budgétaire Enseignement scolaire, laquelle représente pas moins de 82 milliards d’euros ; voilà désormais que nous entamons à vingt-trois heures quinze et à 30 députés, alors que nous étions 500 il y a deux heures, ce débat portant sur une question cruciale pour l’avenir de la République et de la nation. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)En effet, la question éducative a toujours été considérée par la République comme l’acmé de son projet. Condorcet, les lois scolaires, la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État, le programme du Conseil national de la Résistance (CNR) ont façonné notre école, jadis l’une des meilleures au monde. Aujourd’hui, la nation s’interroge : que reste-t-il des promesses et des ambitions de l’école républicaine ? Notre système éducatif est-il en mesure de relever les défis des cinquante prochaines années ? La France lui consacre une part importante de sa richesse : presque 7 % du PIB, soit quelque 82 milliards d’euros. Or, paradoxalement, les performances des élèves s’effondrent. Aussi bien le cycle des évaluations disciplinaires réalisées sur échantillons (Cedre) par l’éducation nationale que les enquêtes internationales – le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa), le Programme international de recherche en lecture scolaire (Pirls), les Tendances dans l’étude des mathématiques et des sciences (Timss) – mettent en évidence cette dégradation constante. Le niveau baisse, c’est peu de le dire ! Quant à l’ascenseur social que constituait le mérite scolaire, il est bloqué depuis les années 1970.Ces constats n’ont cependant eu aucune influence sur les politiques élaborées, ces dernières décennies, par les majorités successives. Il est temps d’établir devant les Français la part de responsabilité de chacune dans ce désastre – car il ne s’agit pas d’une question d’organisation, comme le prétend le chef de l’État, mais d’une crise systémique profonde et qui, je le répète, implique directement les choix opérés depuis trente ans. J’affirme ici que le délabrement du système éducatif résulte du compromis historique implicitement scellé, à l’issue de la crise de 1968 (« Ah, quand même ! » sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES), entre droite et gauche : à la première, le régalien et l’économie ; l’éducation et la culture à la seconde,…
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

L’ordre du jour appelle le débat sur l’état de l’école de la République. La conférence des présidents a décidé d’organiser ce débat en deux parties : dans un premier temps, nous entendrons les orateurs des groupes, puis le Gouvernement ; dans un second temps, nous procéderons à une séance de questions-réponses.La... Lire ▸
(La prise de parole ci-dessus)
Merci de le reconnaître, monsieur Chudeau : la culture, c’est nous !
…qui a toujours prétendu à une sorte d’hégémonie intellectuelle dans ces matières. Pourtant, son exercice du pouvoir a abouti à une déconstruction méthodique de l’école. Qu’on en juge : la loi du 10 juillet 1989 d’orientation sur l’éducation, dite loi Jospin, place l’élève au centre du système éducatif... Lire ▸