Petit à petit, ces dernières années, vous avez fait glisser la psychiatrie du soin vers la surveillance, avec l’installation de caméras et l’embauche de vigiles plutôt que l’investissement dans les moyens humains de la prévention et de la formation, et avec la création de Hopsyweb, qui permet le croisement des fichiers des hospitalisations sans consentement et de la radicalisation, alors qu’aujourd’hui, dans certains établissements, il faut passer par l’hospitalisation sans consentement pour avoir accès à un lit en psychiatrie.Les professionnels pourraient vous rappeler, à juste titre, que les patients en psychiatrie sont plus souvent victimes qu’auteurs d’agressions. Vous ne les écouterez pas, pas plus que les autres fonctionnaires. Après tout, pour quoi faire ? La santé ne vous intéresse pas, comme l’illustre la disparition récente de son ministère.Soyons clairs : il n’y a pas de menace psychiatrique. Ou, plutôt, vous êtes la menace qui pèse sur l’état de la psychiatrie publique. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.) La dernière note hebdomadaire de Santé publique France le démontre. L’écouterez-vous, lorsque cet organisme, associé à la caisse primaire d’assurance maladie, vous dit que les enfants vivant sous le seuil de pauvreté sont trois fois plus souvent hospitalisés pour des problèmes psychiatriques que les autres ? L’écouterez-vous lorsqu’il vous dit que l’écart de santé continue de se creuser et qu’il vous intime d’agir rapidement sur le niveau de vie des ménages ? Quand on met cette note en relation avec la dernière étude de l’Observatoire des inégalités, tout semble cyniquement plus clair : la précarité renforce la prévalence des pathologies psychiatriques et l’hôpital public, auquel vous avez retiré des moyens, n’est plus en mesure de soigner dignement. Tout cela illustre vos échecs.Face à un bilan si médiocre, quand assumerez-vous l’échec de votre idéologie ? Quand ferez-vous le choix de rompre avec la logique néolibérale hostile à l’intérêt général ? Une autre option est possible : celle d’une psychiatrie humaine, digne et accueillante. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NUPES, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Eh oui !
Personne n’attend rien de ce débat, pas plus les soignants que les patients ou leurs proches. À défaut d’être utile, ce temps nous permettra au moins d’illustrer le cynisme du Gouvernement.
Eh oui !
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à Mme la ministre.