geheim.land Recherche Politique
17 janvier 2024 · Assemblée nationale · hémicycle Séance
La psychiatrie publique n’a jamais été autant au cœur de l’actualité. Elle l’est le plus souvent, malheureusement, à la suite de faits de violences dont on s’aperçoit après coup que leur auteur est atteint de troubles mentaux ; mais elle fait aussi l’objet d’alertes de plus en plus fréquentes quant à la dégradation de son offre de soins. La discipline connaît une crise des vocations sans précédent – cela a été mentionné, on estime à 30 % le nombre de postes de psychiatre vacants.Les pratiques d’isolement et de contention, qui constituent d’importantes privations de liberté, sont régulièrement pointées du doigt. Tantôt encouragées, tantôt dénoncées, elles suscitent des débats de plus en plus fréquents, qui impliquent différents acteurs du soin ainsi que des usagers. D’ailleurs, ces dernières années, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté a eu l’occasion de dénoncer certains abus dans l’utilisation de l’isolement et de la contention, même si ces pratiques demeurent très hétérogènes en France.Pour être tout à fait honnête, les moyens administratifs et humains – le nombre de soignants – octroyés aux établissements sont loin d’être à la hauteur de l’enjeu : ils ne permettent pas de mettre un terme à ces pratiques ou de les réduire. Comment déployer des solutions alternatives si les services concernés ne se voient pas attribuer suffisamment de temps pour que les soignants procèdent correctement à la désescalade des tensions psychiques, soient disponibles auprès des patients et réalisent des activités thérapeutiques tout en s’efforçant de rassurer, de sécuriser et d’accompagner les malades ?De même, un investissement important est nécessaire pour améliorer les espaces de soins et les rendre accueillants et sécurisés, mais aussi pour mettre en conformité les chambres d’isolement, afin de protéger les patients et d’éviter de les attacher. Il faut aussi renforcer la formation des soignants – particulièrement celle des nouveaux infirmiers, qui ont une formation généraliste et peu de cours et de stages en psychiatrie – et soutenir le tutorat.Il importe aussi de soutenir la recherche en psychiatrie sur ces sujets. En Occitanie, il existe la Ferrepsy, la Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale, mais qu’en est-il ailleurs ?Madame la ministre – je termine –, quels moyens le Gouvernement est-il prêt à engager sur ces différents points ? En particulier, êtes-vous prête à simplifier les procédures…
La source — assemblee_nationale
Pas d'URL publique donnée par la source
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé

Dans la séance, autour de cette prise de parole

Vous êtes revenue, madame la députée, sur la démographie préoccupante des professionnels médicaux. Au 1er janvier 2022, 15 500 psychiatres étaient en exercice, dont 4 500 exclusivement en libéral. Au 1er janvier 2023, c’est vrai, la diminution est importante, et on observe en particulier, en ce qui concerne l’âge... Lire ▸
Vraiment, rien de plus ? L’ensemble des publics, sauf ceux qui sont en prison !
Nous conclurons par une question de la part d’une députée non inscrite. La parole est à Mme Emmanuelle Ménard.
(La prise de parole ci-dessus)