Seule la volonté politique peut encore enrayer l’hémorragie. La loi d’orientation agricole doit être adoptée sans délai pour répondre aux attentes des exploitants et relancer les investissements. Parallèlement, la proposition de loi visant à lever les contraintes du métier d’agriculteur, déposée par Laurent Duplomb au Sénat, prévoit des réponses pragmatiques sur les normes phytosanitaires et les distorsions de concurrence. Mais toutes ces mesures, bien que nécessaires, ne suffiront pas : il est également essentiel de renforcer les dispositifs Egalim et de réguler les négociations commerciales afin de garantir une répartition équitable de la valeur au sein des filières. En tant que corapporteur de la mission d’évaluation de la loi Egalim 2, j’ai pu constater que des déséquilibres persistaient dans les relations entre producteurs, transformateurs et distributeurs. Notre groupe sera ainsi à l’origine d’une initiative parlementaire, au printemps prochain, pour renforcer le partage de la valeur au sein de la chaîne. Les agriculteurs n’attendent ni compassion ni excuses, ils exigent seulement que les engagements pris aient force de loi. Pour en faire à nouveau des acteurs fiers et sereins de notre souveraineté alimentaire, il faut non seulement des lois votées, mais aussi une volonté politique qui ne fléchit pas face aux pressions extérieures. C’est donc maintenant au Parlement d’assumer pleinement sa responsabilité. L’urgence doit être gérée avec détermination, mais cela ne revient pas à définir un cap. C’est pourquoi je réclame un grand rendez-vous de la France avec son histoire agricole. Nous avons besoin d’un programme ambitieux, comparable à celui par lequel Pisani a transformé notre agriculture au siècle dernier. Ce programme doit inscrire notre agriculture dans une ère nouvelle, celle d’une agriculture durable, souveraine et fière de ses racines. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Vous vouliez être ministre, vous ne l’avez pas été !
(La prise de parole ci-dessus)
Bravo !
La parole est à M. Benoît Biteau.
Nous devons cesser d’opposer l’écologie et l’économie. La crise du revenu qui dure depuis un an maintenant plonge les agriculteurs dans une profonde détresse et provoque une colère légitime. Elle est le fruit de politiques publiques éculées et anachroniques, dont les dérives ont transformé une crise...
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