L’élevage français est en crise. Où que l’on regarde, les éleveurs le disent et désespèrent de se faire un jour entendre. Une incessante culpabilisation à propos des conséquences environnementales de l’élevage, ainsi que la signature de traités de libre-échange – avec le Canada, la Nouvelle-Zélande et désormais le Mercosur –, ont renforcé l’hostilité envers les éleveurs, qui se trouvent soumis à une concurrence totalement déloyale. C’est leur survie qui a été placée sur la table des négociations, envoyant le message d’un terrible mépris. Les conséquences sont dramatiques : la MSA dénombre presque deux suicides par jour et 2 400 tentatives de suicide par an ; le nombre d’éleveurs a chuté de 60 000 en dix ans, toutes filières confondues ; le cheptel français a perdu 116 000 vaches laitières en 2023. Dès lors, comment s’étonner qu’un agriculteur sur cinq envisage de cesser son activité dans l’année qui vient ? Comme si cela ne suffisait pas, la mort de l’élevage français emporte de graves conséquences. Les abattoirs et les filières de transformation se trouvent menacés. Les prairies et les alpages poursuivent leur recul lent mais certain, au profit de surfaces embroussaillées ou cultivées, favorisant le ruissellement des eaux et rendant plus difficile la valorisation de produits non utilisables pour l’alimentation humaine et l’enrichissement des sols. Sur ce dernier point – les agriculteurs de ma circonscription me le disent –, la baisse de l’apport en fumier constitue un problème qu’on ne réglera pas avec les seuls engrais chimiques. Finalement, la mort de l’élevage français porte un coup de poignard dans le dos à notre souveraineté alimentaire – c’est la raison pour laquelle le groupe Rassemblement national soutiendra les mesures d’urgence qui seront présentées. Madame la ministre, quand cesserez-vous de conditionner la survie des éleveurs à un marché international qui les écrase et à une Union européenne qui les méprise ? Quand leur garantirez-vous enfin un revenu décent et l’exception agriculturelle qu’ils réclament ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
La source —
assemblee_nationale
Pas d'URL publique donnée par la source
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé
Dans la séance, autour de cette prise de parole
La responsabilité aurait commandé que nous parlions de la mise en œuvre de toutes ces mesures au passé et que les agriculteurs puissent dès à présent en bénéficier, compte tenu des difficultés qu’ils connaissent. Le mouvement de protestation en cours, qui fait suite à un premier mouvement d’ampleur en janvier...
Lire ▸
Nous en venons aux questions. Leur durée, ainsi que celle des réponses, est limitée à deux minutes. Aucune réplique n’est possible. Nous commençons par les questions du groupe Rassemblement national. La parole est à M. Robert Le Bourgeois.
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à Mme la ministre.
Je suis élue d’une terre d’élevage. Je connais bien le monde de l’élevage, je le soutiens et je le défends. Il constitue l’identité de nos territoires et il est fondamental de le conserver. Je n’ignore rien des facteurs qui le fragilisent, que vous avez relevés : décapitalisation des cheptels et difficultés...
Lire ▸