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16 janvier 2025 · Assemblée nationale · hémicycle Séance
…fasse à nouveau la démonstration de ses capacités à répondre aux besoins.Non, vous avez préféré annoncer 32 milliards de baisses des dépenses publiques et aujourd’hui, vous cherchez à nous vendre comme un effort gigantesque le moindre renoncement à réduire le nombre d’enseignants. Vous avez même admis qu’il n’y aurait pas assez de candidats au concours. J’ai le sentiment que c’est une manière pour vous d’avouer que vous ne ferez rien pour la rémunération des enseignants et pour leurs conditions de recrutement.Ce jusqu’au-boutisme a plongé nos comptes publics dans le rouge, tout en alimentant les inégalités et en sabordant les services publics. À cela s’ajoute une gestion calamiteuse de la crise écologique. Aucune de vos annonces ne pourrait mettre un coup d’arrêt à ce qui provoque véritablement le chaos dans ce pays : la pauvreté, la précarité, les licenciements, les bas salaires, la peur pour l’avenir, les effets du réchauffement climatique.D’ailleurs, dans votre long discours, pas grand-chose, si ce n’est rien, sur le grand défi de ce siècle qu’est la crise climatique. Peu d’ambition, alors que nous connaissons de plus en plus d’épisodes dramatiques : incendies, inondations, cyclones, ouragans. Vous regardez ailleurs, alors que nos compatriotes viennent de vivre l’un des pires événements de leur vie. Quand vous évoquez Mayotte, ce n’est pas pour vous inquiéter du sort de ses habitants, mais pour nous parler d’immigration.Pendant votre discours, pas un mot sur les énergies renouvelables, la sobriété énergétique, la rénovation thermique des logements, les transports alternatifs à la voiture. Vous n’entendez même pas remettre en cause le modèle agricole qui détruit l’environnement et qui ne permet pas aux agriculteurs de vivre décemment et de produire sainement. Au contraire, vous dénoncez les normes environnementales, faisant le jeu de l’agro-industrie. Pourtant, ces normes sont essentielles pour protéger l’intérêt général, la santé publique et l’environnement.Certes, les élections de juillet dernier n’ont donné la majorité absolue à aucun bloc. En revanche, une majorité de Français ne veut plus de votre politique, ils l’ont suffisamment dit. Ils aspirent à des services publics renforcés, à des salaires décents et à une retraite plus précoce. Ils ne sont pas tous d’accord sur la manière d’y arriver, mais vous avez décidé de mépriser ces aspirations populaires.Les attentes sont particulièrement criantes pour les populations ultramarines, qui continuent de souffrir d’un abandon systémique : infrastructures délabrées, services publics insuffisants, pollution durable au chlordécone et séquelles des essais nucléaires. Plutôt que de répondre à leurs aspirations à l’émancipation et à la dignité, vous persistez dans un modèle fondé sur la répression et l’exploitation, comme ce fut le cas en Martinique. Après des mois de mobilisations contre la vie chère, vous décidez d’embastiller le leader du mouvement au lieu de mettre au pied du mur les groupes économiques dominants à l’origine de l’explosion des prix. Quant à Mayotte, affirmer qu’en sabotant le droit du sol vous mettrez fin à l’immigration et à la misère est un mensonge. Non, pour apaiser et protéger, il y a besoin de justice et de réparation.En matière de diplomatie, la politique macroniste oscille entre l’inaction coupable et des choix désastreux qui aggravent les crises mondiales. Emmanuel Macron adopte une posture digne d’OSS 117, avec une condescendance d’un autre âge. Ses déclarations sur les pays africains qui auraient « oublié de dire merci » ou ses remarques sur les Haïtiens traduisent un mépris colonialiste latent. Ce discours discrédite profondément la diplomatie française. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe GDR et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)Vous abandonnez les peuples en lutte pour leur indépendance, qu’il s’agisse des Palestiniens ou des Sahraouis, au profit de calculs stratégiques et économiques cyniques. Le fragile cessez-le-feu à Gaza ne fera pas oublier votre silence complice. Le temps de la justice va venir et la France ne peut pas maintenir une prétendue immunité fonctionnelle de Benyamin Netanyahou pour justifier le refus d’exécuter le mandat d’arrêt délivré contre lui par la Cour pénale internationale. En Palestine et au Moyen-Orient, vous persistez dans une politique étrangère fondée sur un double standard, un « deux poids, deux mesures », qui fragilise les fondements du droit international.Je finis par votre gouvernement : il sonne comme une provocation. Je pourrais vous parler du retour de Manuel Valls ou d’Élisabeth Borne, experte en 49.3, mais je me concentrerai sur le ministre de l’intérieur. Il est un danger pour notre État de droit, qu’il ne considère ni intangible ni sacré (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe GDR et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS), une insulte faite à celles et ceux qui luttent contre une colonialité qui marque encore notre rapport aux départements dits d’outre-mer – et pas qu’eux. Renouveler Bruno Retailleau, c’est valider ses complaisances et son alignement coupable avec toutes les théories racistes d’extrême droite. (Mêmes mouvements.)Mardi, vous avez affirmé, monsieur le premier ministre, qu’Emmanuel Macron avait subi plus de crises que ses prédécesseurs, mais croyez-vous qu’il ne s’agit que de poisse ? Celui qui accapare tous les pouvoirs n’aurait-il pas de responsabilités ? Votre discours de politique générale confirme que vous poursuivez la trajectoire macroniste, entre libéralisme autoritaire, démantèlement social et voie ouverte à l’extrême droite. Tête baissée, vous persistez sans l’infléchir.Alors nous avons décidé de vous censurer et vous n’avez rien fait pour l’empêcher. (Mêmes mouvements.)
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L’ex-NFP !
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