C’est avec le cœur lourd que nous abordons ce projet de loi d’urgence pour la reconstruction de Mayotte. La plus grande catastrophe naturelle qu’a connue notre pays appelle une réponse à la hauteur de la dévastation subie par nos compatriotes. Je veux à cet instant, en mon nom et au nom de mon groupe, les assurer de nouveau de nos pensées les plus fraternelles dans l’épreuve qu’ils traversent. La semaine dernière, lors d’un déplacement à Mayotte avec ma collègue Mathilde Hignet, qui y a vécu, j’ai pu exprimer ma solidarité totale avec les habitantes et habitants de Mayotte, et ma gratitude immense envers celles et ceux qui ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour redonner vie à l’archipel. Dans la population, au sein des services de l’État et de la sécurité civile, à l’hôpital, au sein des collectivités, des pompiers et des services techniques des différents opérateurs, l’épreuve est inédite.Les Mahoraises et Mahorais sont résilients mais l’heure est à l’examen de conscience, car le cyclone Chido est le révélateur d’un sous-développement chronique, qui fait souffrir les habitants et fait honte à la République. Mayotte est en sous-France, en deux mots. C’est à Mayotte que l’État dépense le moins, que 77 % de la population est touchée par la pauvreté et que 30 % des habitants, Mahorais ou non, vivent dans un habitat informel et précaire.Pénurie d’eau, insécurité, chômage, pauvreté : les difficultés de Mayotte sont profondes. Dès lors, les seules réponses sécuritaires et martiales ne sont que diversions court-termistes. Les modifications successives du droit de l’asile et de l’immigration et les opérations policières et militaires n’ont ni fait baisser la pression démographique, ni réglé la crise sociale. Nous devons trouver des solutions durables pour sortir du chaos et de la guerre de tous contre tous (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et GDR), car le dérèglement climatique, les guerres, les régimes effondrés qui persécutent et créent des exilés, ainsi que les liens familiaux et géographiques avec les Comores ne disparaîtront pas du jour au lendemain.Mayotte ne doit pas être laissée seule pour gérer les crises. La solidarité nationale plutôt que la préférence nationale, c’est d’abord la convergence sociale (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Marcellin Nadeau applaudit également) : mêmes salaires, mêmes prestations sociales, services publics de l’eau, de la santé, du logement et du relogement à la hauteur des besoins. La solidarité nationale, c’est aussi la convergence du droit, avec une gestion rationnelle et pragmatique de la pression démographique pour protéger l’ensemble de la population : le titre de séjour territorialisé, notamment, et la non-répartition de l’hébergement d’urgence sur le territoire national font de Mayotte un point de fixation difficilement supportable. Notre groupe a formulé des propositions pour la future loi-programme, un plan d’urgence qui s’ajoute à une demande de commission d’enquête sur la gestion de la crise Chido et les moyens de prévention.Ce sont les habitants et les habitantes qui parlent le mieux du projet de loi. À Kawéni, c’est cette femme qui fustige le contraste entre le satisfecit et la réalité : « Accepteriez-vous cela en métropole ou bien est-ce parce que nous sommes noirs, musulmans et loin de Paris ? », nous a-t-on demandé.
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Ce sera la vraie solution !
Malgré les imperfections du texte, nous le voterons car nous le devons à nos compatriotes. Toutefois, nous attendons que vienne très rapidement le second étage de la fusée, qui, seule, nous permettra de rappeler à Mayotte qu’elle est pleinement dans la République et que nos concitoyens sont pleinement Français....
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La parole est à Mme Nadège Abomangoli.
(La prise de parole ci-dessus)