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7 janvier 2026 · Assemblée nationale · hémicycle Séance
Je remercie le groupe de la Gauche démocrate et républicaine pour l’organisation de ce débat essentiel sur le devenir des missions locales. Je remercie également les rapporteurs pour leur plaidoyer et leur état des lieux complet. Chaque jour, les salariés des missions locales accomplissent une tâche exigeante et essentielle : permettre aux jeunes, notamment ceux qui sont le plus en difficulté, d’entrer dans la vie active. Ce travail est d’autant plus important qu’il s’accomplit après une décennie de politique économique au service exclusif des plus aisés, au détriment de l’ensemble de la population.Près d’un jeune sur quatre vit désormais sous le seuil de pauvreté et le taux de chômage atteint 19 % chez les jeunes de 15 à 24 ans. En Seine-Saint-Denis, dans mon département, le taux de chômage des jeunes était même 22 % en 2024. Cela crée évidemment un cycle de difficulté, alors que la pauvreté dans laquelle ces jeunes se trouvent plongés accentue leur isolement social, amenant une rupture durable des liens sociaux et institutionnels aux conséquences immensément graves. Rappelons qu’en 2023, 29 % des 18-24 ans avaient des idées suicidaires, contre 21 % en 2021. Si de multiples facteurs expliquent ces chiffres, la précarité et l’isolement y contribuent fortement.Dans ce contexte, je veux rendre hommage aux professionnels qui viennent en aide à ces jeunes, pour certains sortis du circuit scolaire, isolés ou en dépression, et leur offrent un soutien précieux vers l’autonomie et l’indépendance. Un travail d’ailleurs salué par l’ensemble des acteurs : les jeunes et les entreprises se disent en effet satisfaits des services rendus par la mission locale de leur ville.Alors, quoi de plus logique pour un gouvernement qui détruit l’ensemble des politiques de solidarité que de s’en prendre de nouveau aux missions locales ? Une première attaque avait été lancée lors du précédent budget, avec des crédits non versés en 2025 et aujourd’hui repris et présentés comme une hausse, alors même que les missions locales sont depuis janvier 2025 chargées de nouvelles missions.À nouveau, le projet de loi de finances pour 2026 poursuit la destruction de la solidarité. Alors que 20 % des missions locales sont en grande difficulté financière, les syndicats CGT et CFDT alertent, estimant que les coupes prévues par le projet de loi de finances s’élèvent à 77 millions d’euros.Ces coupes pourraient s’aggraver en raison d’un désengagement progressif du financement des missions locales par les régions, au détriment de la stabilité de leur financement, indispensable pour un accompagnement sur le temps long. La région Île-de-France, présidée par Valérie Pécresse, participe à cette saignée : les subventions sont passées de 20 millions d’euros en 2021 à 5 millions en 2024.Par ailleurs, le passage des subventions aux appels à projets ne fait qu’accroître l’instabilité du financement des missions locales. Elles sont pourtant cruciales pour nos communes. Il est donc particulièrement dommage de voir des maires, parfois conseillers régionaux, tels que, dans ma circonscription, ceux d’Aulnay-sous-Bois et de Bondy, participer activement à la mise en difficulté financière de ces acteurs. Cette politique de coupes massives n’aura qu’une conséquence : limiter le nombre et la qualité des accompagnements, plongeant ainsi de nombreux jeunes dans la spirale destructive de la précarité et de l’isolement.Elle accentuera par ailleurs le mal-être des travailleuses et travailleurs des missions locales, contraints de faire mieux avec moins de moyens. Les missions locales ont besoin d’un réel pilotage, d’une formation de qualité des salariés, d’un suivi et d’un contrôle de leur travail pour développer une politique d’insertion réelle.Mais le manque de moyens entraîne également le manque de contrôle. Or il s’agit aussi de combattre certaines dérives. À Aulnay-sous-Bois, dans ma circonscription, la responsable de la mission locale a reconnu avoir détourné de l’argent pour des dépenses personnelles. Cela a été possible parce que le pilotage automatique et le laisser-faire s’étaient installés.Nous, députés de La France insoumise, pensons que les moyens accordés pour l’accompagnement et l’insertion des jeunes en difficulté sont un véritable investissement sociétal de notre pays pour son avenir. Ils garantissent l’émancipation des jeunes et leur autonomie dans une période économique difficile dont ils sont les premières victimes. Dans le cadre du projet de loi de finances, nous avons déposé un amendement visant à augmenter le financement des missions locales à hauteur des besoins, c’est-à-dire de 179 millions d’euros. Nous invitons donc les parlementaires qui veulent réellement lutter contre la précarité de la jeunesse à nous soutenir lors des discussions budgétaires.
La source — assemblee_nationale
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

La parole est à Mme Nadège Abomangoli.
(La prise de parole ci-dessus)