Je vais me raccorder à la qualité que vous revendiquez, monsieur le ministre : la franchise. Permettez-moi donc à mon tour d’être franche : je m’attendais, nous nous attendions – et le réseau des missions locales aussi – à ce que vous nous exposiez votre vision.Le réseau attendait également que vous reconnaissiez le travail des missions, et qu’elles sont des acteurs de l’innovation territoriale, qu’elles nouent des coopérations avec les entreprises, avec les acteurs de l’emploi, avec France Travail, avec les collectivités. Il existe de véritables synergies dans les territoires ; les missions locales ne sont pas isolées.Vous nous parlez d’efficience – et nous, nous vous demandons de réaffirmer la spécificité des missions locales, de sortir d’une lecture réductrice de leur action, de repenser les modalités de pilotage et d’évaluation à partir des besoins réels des jeunes.Chacun se recentre aujourd’hui sur sa propre lecture des compétences : l’État, sur l’emploi ; les régions, sur la formation ; les départements, sur le RSA. Qu’est-ce que cela signifie, en creux ? Que ce sont les missions locales qui doivent articuler des politiques publiques de plus en plus cloisonnées.Vous évoquez les déficiences des missions locales – mais si les missions locales travaillent mal, que font les services de l’État qui se trouvent à leurs côtés ? Qui pilote le dialogue de gestion ? À quoi sert la gouvernance ? Il est trop facile de lancer des anathèmes dans le vide !Nous vous demandons de faire un choix politique, un choix de société. Quel est votre choix pour que chaque jeune – je pense aux MNA ou aux décrocheurs universitaires, par exemple – puisse trouver sa place ?Bien sûr, il y a des jeunes pour lesquels tout se passe bien, mais il y en a tant d’autres qui galèrent ! Je vous invite à aller voir le film documentaire de Thomas Ellis, Tout va bien, qui sort aujourd’hui en salle. Il témoigne de parcours absolument incroyables, et difficiles, dans lesquels l’État – la République, en tout cas – a un rôle à jouer, et une main à tendre. Et c’est précisément ce que font les missions locales.
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
La parole est à Mme Océane Godard, rapporteure.
(La prise de parole ci-dessus)