M. Daniel Goldberg
Je partage ce qui vient d’être dit sur le fait que les associations d’enfants ou d’anciens enfants accompagnés jouent un rôle très important ; leur parole doit être pleinement écoutée.Quand un mineur est confié à l’Aide sociale à l’enfance, c’est que ses parents, son cadre familial, ne sont plus en situation de l’accompagner et de lui permettre de grandir dans de bonnes conditions. Même si le milieu ouvert permet encore l’accompagnement dans le cadre familial, la République prend ses responsabilités. Je ne connais aucune famille qui va bien et dans laquelle on dit à un enfant âgé de 18 ans et 1 jour : « Débrouille-toi ! » Je n’en connais aucune et d’ailleurs, je n’en connais pas beaucoup plus qui procéderaient ainsi pour des enfants âgés de 21 ans et 1 jour. Quand ils le peuvent, les parents accompagnent leurs enfants dans leurs études et leur parcours de vie.Dans notre pays, des jeunes – pas tous les jeunes et pas tous les jeunes en difficulté sociale, mais des jeunes dont on a jugé que le cadre familial ne leur permettait pas de grandir ou de suivre leur parcours de vie – bénéficient d’un cadre aménagé. De ce point de vue, nous avons une responsabilité.Vous avez cité des chiffres – je pourrais en citer aussi – relatifs aux sorties sèches et à l’accès au logement de jeunes majeurs se retrouvant à la rue après avoir fréquenté des structures de l’ASE pendant des années. Mme la première vice-présidente du conseil départemental de la Côte-d’Or affirme qu’on ne peut pas tout demander aux départements, mais à la place qui est la mienne, c’est la République que j’interroge : je ne ferai pas de différence entre l’État et les départements.Peut-on laisser un jeune sans solution parce qu’il est âgé de 18 ans et 1 jour ? Parce que les contrats jeune majeur ne sont pas généralisés ? La question d’un prolongement jusqu’à 25 ans peut être posée, mais il faut aussi nous demander si nous enjoignons à nos propres enfants de se débrouiller par eux-mêmes dès qu’ils ont atteint 21 ans.
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Non !
Mme Emmanuelle Coint
Je vous invite à y réfléchir : pourquoi 25 ans ? Pourquoi pas 30 ? À ce rythme, on reste pris en charge par l’ASE jusqu’à la retraite… Soyons sérieux et n’oublions pas que toute dépense imposée aux conseils départementaux par une nouvelle loi devra être intégralement compensée par l’État.
La parole est à M. Daniel Goldberg.
M. Daniel Goldberg
(La prise de parole ci-dessus)