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6 octobre 2026 · Assemblée nationale · hémicycle Séance
Je le dis en préambule : il n’est pas question d’excuser ou de légitimer les actes de destruction, de dégradation ou même de violences urbaines dont nous sommes toutes et tous témoins depuis quelques jours. Il n’est pas non plus question de remettre en cause la liberté de manifestation, qui est inscrite dans la Constitution de notre pays. Se pose désormais, cependant, de manière véritablement douloureuse, la question de la doctrine d’emploi de nos forces de l’ordre. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – Mme Stella Dupont applaudit également.) Même si le premier ministre fait beaucoup d’efforts cet après-midi pour vous dédouaner, monsieur le ministre de l’intérieur, vous avez affirmé il y a quelques jours que vous ne donneriez « aucune consigne de retenue et aucune consigne de ne pas utiliser tout l’armement intermédiaire à disposition ».Ce que vous appelez « armement intermédiaire », ce sont les lanceurs de grenades ou les LBD. Contrairement à ce que vous avez dit tout à l’heure, M. Lucas-Lundy n’a pas raconté n’importe quoi : les LBD sont bien classifiés comme armes de guerre et interdits, dans toute l’Europe, dans le cadre de la sécurité publique et du maintien de l’ordre, sauf pour des unités très spécialisées. Mâchoire fracassée, main arrachée, charge contre des élèves ayant formé une chorale devant leur établissement en Ardèche : comment s’étonner des dégâts irréparables qu’ils occasionnent ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC ainsi que sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et GDR.)Je vous ai entendu ce matin à la radio développer la différence entre l’absence de retenue, qui signifierait que la police ne s’interdit pas d’intervenir, et la proportionnalité au moment de l’intervention elle-même. Votre déclaration a désinhibé certains membres des forces de l’ordre, en laissant à penser que les contraintes de leur doctrine d’emploi devenaient désormais optionnelles. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Il faut mesurer la portée de ce propos. À chaque fois, le même mécanisme s’enclenche. La doctrine est écrite, puis elle est suspendue au nom du contexte, et les blessures deviennent des statistiques. (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Applaudissements sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

Non, pas vous !
Si nous devenons un punching-ball électoraliste pour des gens qui ont du mal à faire démarrer leur campagne présidentielle, nous n’y pourrons rien. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur quelques bancs des groupes DR et HOR.)
La parole est à M. Roger Vicot.
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à M. le ministre de l’intérieur.
Je répète ce que je disais tout à l’heure à votre collègue : il y a une doctrine de maintien de l’ordre, que le premier ministre a rappelée en lisant mes instructions.