Sabine Dandiguian
La médecine est une vocation et il est très difficile aux médecins de rendre des comptes, surtout économiques, sur leurs prescriptions. N'oublions pas non plus que la médecine n'est pas une science exacte. S'il suffisait d'avoir des ordinateurs pour établir la prescription idéale, cela ne donnerait pas autant de soucis au corps médical. Il y a, en tout cas, une vraie résistance de la part de celui-ci, en France peut-être plus qu'ailleurs. Un médecin ne gagne pas plus selon que la prescription médicale porte sur deux ou quatre médicaments ; c'est l'intuition médicale qui lui a fait penser que son choix était le meilleur pour son patient.
Il y a également un manque de transparence entre le monde hospitalier et la ville. On a parlé du dossier médical. Pourquoi n'arriverait-on pas à avoir une vraie continuité des soins ? Aujourd'hui, le parcours de soins a redonné un certain sens et il a été finalement été bien accepté. Il faut aller plus loin.
Cela étant, je suis assez d'accord : les médecins n'acceptent pas forcément ce genre de discours.
La source —
nosdeputes
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Louis Couillard
La France dispose d'un outil phénoménal avec cette base de données de la CNAMTS, mais on ne sait pas l'exploiter. Pour des raisons qui semblent parfois dogmatiques, on ne se donne pas les moyens d'exploiter des gisements de productivité et d'efficacité.
Sabine Dandiguian
Je ne crois pas qu'il s'agisse de raisons dogmatiques. Les données existent, mais encore faut-il organiser l'information, savoir qui y a accès et comment. Ce n'est pas facile techniquement. En tout cas s'il y avait un jour une vraie volonté politique d'y aller, au moins disposerions-nous immédiatement de données...
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Jean-Christophe Tellier
Culturellement, on cherche dans l'analyse des données ce qu'on veut y trouver. En fonction de la position que vous avez sur l'échiquier, vous sortez les données qui vous intéressent et, à la fin de la discussion, si ces données vont dans le sens que vous êtes censé défendre, vous les prenez, sinon vous ne les...
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Cela ne vient-il pas aussi du cloisonnement des professionnels de santé ? Je pense notamment aux médecins, avec la médecine de ville et la médecine hospitalière. Ce cloisonnement n'existe peut-être pas dans les autres pays. Sans compter leur résistance à rendre des comptes sur l'efficacité d'un acte médical. Ne...
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Sabine Dandiguian
(La prise de parole ci-dessus)
Jean-Christophe Tellier
Une bonne partie de l'effet de croissance du médicament de ville est liée en fait à des transferts de l'hôpital vers la ville, sur des prescriptions de médicaments qui sont normalement hospitalières. À partir du moment où l'on joue sur les enveloppes pour contrôler les coûts d'un côté et mettre une croissance...
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Louis Couillard
Une partie du problème provient de la question initiale posée. Les intervenants du domaine de la santé se positionnent différemment selon que l'objectif prioritaire est de réduire les coûts, ou bien de maintenir ou d'améliorer la qualité des soins.
Que pensez-vous de la nouvelle compétence médico-économique que la loi de financement de la sécurité sociale pour 2008 donne à la HAS ?
Jean-Christophe Tellier
L'évaluation médico-économique est nécessaire, d'autant qu'elle s'inscrit dans le cadre réel de la prescription, plutôt post que pré AMM.
Par ailleurs, il est souhaitable que l'on développe l'épidémiologie. Pour ce faire, il faudra avoir des bases et des structures dont nous ne disposons pas forcément...
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