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25 novembre 2025 · Parlement européen · hémicycle Séance
rapporteur. – Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, dans ce moment de bascule historique, alors que tout semble branlant autour de nous, posons-nous une question simple: pouvons-nous faire confiance à Donald Trump et J.D. Vance pour défendre nos nations face à Poutine? Non. La réponse est évidente et elle implique des changements vertigineux en Europe. Déléguer sa sécurité à une capitale étrangère est en soi une folie. Déléguer sa sécurité à une capitale étrangère qui se soucie si peu de vos intérêts est un suicide. La liberté, chers collègues, repose sur la maîtrise de son destin. Et si l'Europe veut rester libre, elle doit reprendre le contrôle de sa sécurité. Nous sommes aujourd'hui si dépendants des États-Unis, pour l'aide à la résistance ukrainienne comme pour notre propre sécurité, que nous vivons sous le chantage permanent de Donald Trump. Nous baisons sa main, nous tolérons ses insultes. Nous sourions bêtement devant ses attaques en espérant que notre flagornerie le conduira à ne pas sacrifier l'Ukraine et nous avec elle. Mais regardons la réalité en face. Nous, Européens, nous sommes seuls. Seuls face à un régime russe qui mène une guerre sur notre continent. Une guerre qui nous menace directement. Prenons la mesure de ce que nous disent nos services de sécurité. Écoutons Bruno Kahl, le chef des services allemands, lorsqu'il avertit le Bundestag sur les risques d'invasion d'un pays membre de l'UE et de l'OTAN avant 2029. Entendons le chef d'état-major français, le général Mandon, lorsqu'il alerte sur la nécessité de se préparer à une confrontation militaire directe avec la Russie. Face à cette menace existentielle, qu'allons-nous faire? Enfouir notre tête dans le sable en espérant que ça passe? Nous contenter d'organiser des manifestations pour la paix? Épouser la cause du tyran pour ne pas avoir à subir ses foudres? Non. Nous allons nous renforcer et nous préparer. Nous voulons la paix. Nous ne voulons pas la guerre. Mais, pour l'éviter, justement, nous devons dissuader l'ennemi de la déclencher. Nous devons nous préparer moralement, stratégiquement, matériellement, montrer à tous, et en particulier à Poutine, que l'Europe ne rime plus avec l'impuissance, ou la démocratie avec la faiblesse. Chers collègues, le programme pour l'industrie européenne de la défense sera le socle de la défense commune et souveraine que nous devons construire. La logique qui a présidé à nos travaux est simple. Elle se fonde sur deux principes: la souveraineté et la coopération. La souveraineté, d'abord. Pour la première fois, il est établi que les fonds européens financeront les productions européennes. Oui, EDIP va réserver l'argent européen aux industries européennes, celles qui produisent en Europe et qui emploient en Europe. Toutes les décisions industrielles et stratégiques seront prises en Europe, par des Européens et pour les Européens. Aujourd'hui, nous actons enfin la naissance de la préférence européenne. La coopération, ensuite. EDIP va inciter nos États à sortir des logiques purement nationales, à investir et à produire en commun. Nous sommes Européens, nous devons travailler en Européens et nous le ferons avec les Ukrainiens. La résistance ukrainienne est la première ligne de défense de notre continent, et l'industrie de défense ukrainienne est le fer de lance de cette résistance. Avec EDIP et l'instrument de soutien à l'Ukraine qu'il contient, nous allons renforcer la coopération entre notre base industrielle et celle de l'Ukraine. C'est un pas important pour l'Ukraine et un pas important pour l'Europe. Chers collègues, ce jour fera date. Mais soyons clairs: EDIP n'est qu'un début. C'est un embryon encore sous-financé face à l'ampleur du défi. Et j'alerte aujourd'hui la Commission et les États membres: nous devons augmenter rapidement le budget alloué. Avec EDIP, nous posons les fondations d'une Europe adulte capable de se défendre elle-même. Nous posons les bases d'une Europe libre, souveraine, puissante. Il n'y a plus une minute à perdre. Slava Oukraïni et vive l'Europe libre!
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-10-2025-11-25_FR.html
Fichier d'origine conservé
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

(La prise de parole ci-dessus)
rapporteur pour avis de la commission BUDG. – Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, les tractations entre Américains et Russes de ces derniers jours montrent à quel point l'Europe est faible et seule. Seule à soutenir pleinement l'Ukraine. Seule, demain peut-être, face à une agression... Lire ▸
rapporteur pour avis de la commission CONT. – Madame la Présidente, chers collègues, pendant 20 ans, nos dirigeants ont commis deux erreurs: sous-estimer la menace russe et surestimer la fiabilité américaine. Nous voici aujourd'hui pris en étau entre deux brutes, Vladimir Poutine, qui a déclaré la guerre à... Lire ▸