– Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, le 13 novembre 2025 à Marseille, le frère d’un militant engagé contre le narcobanditisme a été abattu – un assassinat de sang-froid sur fond de représailles. Ce meurtre n’est pas un fait divers: c’est le symptôme d’un échec européen collectif face au narcotrafic.
La France a alerté: en avril dernier, le ministre de l’intérieur de l’époque, Bruno Retailleau, a porté une réforme courageuse pour sortir le pays de ce piège: création d’un parquet national anticriminalité organisée, durcissement du régime carcéral des criminels les plus dangereux et refonte du statut du repenti sur le modèle italien. Adoptée malgré un Parlement fragmenté, cette réforme témoigne d’une volonté et d’une action politique claires.
Mais soyons lucides: on ne gagnera pas cette guerre qu’au niveau des États membres. Le niveau européen vient de présenter un plan d’action contre le trafic de drogue: Agence de l’Union européenne sur les drogues, partenariats renforcés avec les pays tiers, investissements dans la recherche. C’est un pas dans la bonne direction, même s’il arrive un peu tard.
Et puis il y a le niveau de nos villes: des grandes métropoles aux petits villages, plus aucun territoire, même rural, n’est épargné, en France. Les maires ont un rôle clé dans le continuum de sécurité – sans cet échelon de proximité, rien n’est possible. À Marseille, ces phénomènes sont connus depuis des années, et l’inaction municipale a un coût: celui de vies brisées.
Monsieur le Commissaire, face à ces réseaux criminels transnationaux, la Commission est-elle prête à franchir un cap décisif en créant un parquet européen consacré à la criminalité organisée et au narcotrafic, sur le modèle du parquet européen financier? Le narcotrafic est déjà européen; la réponse doit l’être aussi.
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
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– Monsieur le Président, d’abord un mot, évidemment, pour Amine Kessaci et son frère – Amine, avec qui j’ai eu l’occasion de débattre dans des fonctions précédentes. Nous ne partageons pas les mêmes opinions, mais, en tout cas, j’ai toujours respecté sa force de caractère et ses convictions, et j’imagine que son...
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(La prise de parole ci-dessus)