au nom du groupe PfE. – Monsieur le Président, du point de vue de sa défense, le grand drame de l’Europe est d’avoir cru pendant de longues années qu’il n’était plus nécessaire d’y investir massivement. Cette époque semble révolue: dans les discours, dans les actes aussi. L’importance de disposer de forces armées bien dotées fait consensus. La ruée des armées russes vers le Dniepr a fait office de catalyseur.
Mais ce qui est fait depuis bientôt quatre ans pourrait être remis en cause dans les prochaines années. À l’heure où nous parlons, la guerre n’a toujours pas cessé en Ukraine. Or, lorsque la paix surviendra, il ne faut pas écarter l’hypothèse de voir les Européens se remettre à douter de l’intérêt de dépenser autant pour leurs armées.
Ne verra-t-on pas s’intensifier les discours opposant le beurre aux canons? Ne dira-t-on pas à cette tribune qu’il faut revenir sur certaines dérogations ou certains dispositifs qui ne se justifient plus? Qui nous dit que, demain, écologistes ou socialistes ne se battront pas pour rétablir des règles contraignantes, défavorables aux investissements publics et privés dans l’armement?
En bref, chers collègues, je crains que l’on ne retombe dans les travers d’une pensée cyclique en matière de défense. Je crains que nous n'oubliions que la dissuasion nécessite un effort de long terme. Trente ans de négligence nous ont obligés à répondre dans l’urgence. Il ne faudrait pas qu’une fois l’urgence passée, nous replongions dans l’insouciance.
C’est pourquoi le rapport de notre collègue Christophe Gomart va dans le bon sens. Nous devons établir, comme il le propose, un environnement financier et réglementaire pérenne, ultra-favorable aux investissements dans la défense; et, au-delà encore, il faut permettre aux citoyens de soutenir le réarmement de leur pays. En France, notre parti propose la mise en œuvre d’un fonds souverain, garanti par l’État, vers lequel chacun pourrait, s’il le souhaite, diriger une partie de son épargne.
C’est donc à un changement de mentalités qu’il nous faut aussi parvenir, où la défense redevient l’engagement de chaque citoyen et non la seule affaire de spécialistes – soldats professionnels et industriels. Cette ambition est la condition pour faire véritablement entrer les États européens dans ce nouveau monde, où ceux qui conservent des logiciels obsolètes seront dominés ou écrasés.
La source —
parlement_europeen
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)
au nom du groupe Renew. – Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, il y a dix jours, Vladimir Poutine s’est déclaré prêt à une guerre avec les Européens. Nous, Européens, ne voulons pas de cette guerre, mais nous devons nous y préparer.
Être prêt signifie que l’on est en mesure d’acheminer...
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