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16 décembre 2025 · Parlement européen · hémicycle Séance
– Monsieur le Président, quinze morts dans l‘attentat antisémite de Sydney, et beaucoup de Juifs d‘Europe ont eu la même pensée, silencieuse, glaçante: cela aurait pu être moi, cela aurait pu être nous. Cette lucidité leur a été acquise par la force de l‘habitude, car, depuis des mois, ils savent que leur simple visibilité peut suffire à les désigner. Le massacre de Sidney est le résultat prévisible d‘années de déni, d‘ambiguïté, de lâcheté morale dans les pays occidentaux. À force d‘inverser le sens du mot «résistance», on tolère l‘appel à la violence dans les rues de nos démocraties. À force de fermer les yeux sur des slogans appelant à une intifada mondialisée, on feint de découvrir que cette violence traversant les océans est un mot d‘ordre duplicable et contagieux. Car les mots, lorsqu‘ils sont répétés, trouvent des bras armés. Une partie de la gauche européenne a multiplié les compromissions avec un islamisme politique et un antisémitisme qu‘elle refuse de nommer, préférant parler de «résistance» pour justifier le terrorisme, parler de «ressentiment» pour importer un conflit à de pures fins électorales. Elle ne peut aujourd‘hui dénoncer les conséquences d‘une haine qu‘elle a légitimée par l‘ambiguïté ou par la connivence. Si nous voulons être crédibles, il faudra le dire clairement. La complaisance face à l‘antisémitisme a un coût, politique et humain. Et pendant que certains soufflent sur les braises, nous continuerons, nous, à allumer des bougies par fidélité à ce que nos démocraties doivent défendre. Car la lumière n‘éteint pas seulement l‘obscurité, elle révèle aussi ceux qui ont choisi de l‘allumer.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-10-2025-12-16_FR.html
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(La prise de parole ci-dessus)