au nom du groupe PfE. – Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, la liberté d’expression est aujourd’hui en danger, le journalisme indépendant est en danger, les médias alternatifs, les travailleurs humanitaires, les experts libres, les voix dissidentes sont en danger. Et pendant ce temps-là, que nous annonce-t-on?
Par la voix de Jean‑Noël Barrot, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, le pouvoir se félicite de nouvelles sanctions contre «les relais de la propagande du Kremlin et les ingénieurs du chaos numérique» – à l’initiative de la France, bien sûr, comme si notre pays devait devenir le gendarme de la pensée autorisée en Europe.
Zéro impunité, nous dit-on, zéro impunité pour ceux qui osent diffuser des idées qui ne sont ni validées par Bruxelles ni tamponnées par Paris. Mais quelle hypocrisie! Car, au nom de la démocratie, on muselle les voix critiques et on débranche les journalistes – hors bon narratif. Toute remise en question devient suspecte, tout débat devient une ingérence étrangère, tout journaliste indépendant et sommé de choisir: se taire ou être disqualifié.
Pendant ce temps, on ferme les yeux sur nos propres dérives: les censures sur les réseaux sociaux, les partenariats opaques avec les géants du numérique, les campagnes d’information orientées et les erreurs jamais reconnues. C’est une nouvelle forme de journalisme: un journalisme à la sauce orwellienne, où l’on prétend lutter contre la propagande pour mieux imposer la sienne.
Mes chers collègues, ce n’est pas ainsi que l’on défend la démocratie, les journalistes indépendants et les humanitaires. Ce n’est pas ainsi que l’on protège la liberté. Une démocratie qui censure n’est plus une démocratie – la liberté surveillée n’est plus une liberté! Et si nous acceptons cela aujourd’hui, cela approcherait finalement à être réduits au silence demain.
Aujourd’hui, on voit des listes noires: elles ne sont pas qu’au Kremlin, elles sont ici aussi, en Europe, et cela pose question.
La source —
parlement_europeen
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé
Dans la séance, autour de cette prise de parole
– Le groupe PfE a communiqué à la Présidente une décision de modification apportée aux nominations dans une délégation. Cette décision figurera au procès-verbal de la séance d’aujourd’hui et prendra effet à la date de cette annonce.
– L’ordre du jour appelle la déclaration de la Commission: Augmentation considérable à l’échelon mondial des attaques violentes contre des travailleurs humanitaires et des journalistes (2025/3022(RSP)).
J'ai le plaisir d'accueillir M. le commissaire McGrath Michael, à qui je donne la parole immédiatement.
(La prise de parole ci-dessus)