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20 janvier 2026 · Parlement européen · hémicycle Séance
au nom du groupe PfE. – Monsieur le Président, Madame la Vice-présidente, ce qui se joue aujourd'hui autour du Groenland dépasse de loin un désaccord diplomatique ponctuel. C'est une épreuve de puissance et de vérité pour l'Europe. Le président des États-Unis place l'Union européenne devant un choix clair: accepter une vassalisation sous couvert de partenariat transatlantique ou bien redevenir des acteurs souverains, capables de défendre nos intérêts et notre intégrité. Le moment que nous vivons n'est pas un accident de l'histoire; il est l'aboutissement de décennies d'aveuglement stratégique, nourri par l'illusion d'une mondialisation pacifiée et par l'abandon progressif de notre autonomie au profit d'une dépendance bien confortable. Lorsqu'un président américain menace ouvertement un État européen, lorsqu'il combine une pression territoriale assumée avec un chantage commercial explicite, ce n'est pas seulement un partenaire qui s'exprime; c'est un rapport de force qui s'impose et c'est notre crédibilité qui est alors mise à l'épreuve. Le Groenland, territoire quatre fois plus vaste que la France, est devenu un pivot stratégique mondial au cœur de nouvelles rivalités entre grandes puissances qui renouent avec les logiques impériales. Nous le disons ici: ce qui se joue aujourd'hui préfigure les conflits de demain. Céder créerait un précédent grave, un précédent qui concernerait demain d'autres territoires européens et peut-être après-demain, des territoires ultramarins français qui pourraient, à leur tour, subir des pressions comparables. En matière de souveraineté, chaque renoncement appelle le suivant. Face à cette situation, l'Union européenne est au pied du mur, mais n'a pas le droit de se taire face aux provocations qui menacent sa prospérité et son intégrité. L'accord négocié l'été dernier par la présidente von der Leyen devrait être suspendu immédiatement en retour. L'Union européenne doit activer sans délai ses instruments anti-coercition et assumer des mesures ciblées sur les services et les exportations américaines à destination de l'Europe. Elle doit mettre en œuvre la préférence européenne dans les marchés de défense. Il ne s'agit pas d'escalade; il s'agit de notre souveraineté. Car, au fond, Mesdames et Messieurs, le choix est simple: accepter, une fois encore, la dépendance ou reprendre la maîtrise de notre destin. Notre soumission serait une faute historique. Derrière cette épreuve se joue notre liberté politique. Alors, nous, nous faisons un choix clair: celui des peuples souverains, des nations libres, debout, capables d'assumer leur destin.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-10-2026-01-20_FR.html
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

– L'ordre du jour appelle à présent le débat sur les déclarations du Conseil et de la Commission sur l'intégrité territoriale et la souveraineté du Groenland et du royaume du Danemark: la nécessité d'une réponse unie de l'Union européenne face aux tentatives de chantage des États-Unis (2026/2562(RSP)). Je remercie... Lire ▸
(La prise de parole ci-dessus)