au nom du groupe PfE. – Madame la Présidente, Madame la Présidente de la Banque centrale européenne, mes chers collègues, Madame la Présidente, votre mandat est clair: garantir la stabilité des prix. Mais aucune politique monétaire ne peut ignorer durablement la réalité économique qui se déploie sous nos yeux. Cette réalité est celle d'un décrochage progressif de l'Europe dans la compétition mondiale.
Tandis que la Chine et le Japon maintiennent des monnaies structurellement sous-évaluées pour soutenir leurs exportations, nos entreprises affrontent une concurrence qui n'est plus seulement rude: elle est de plus en plus souvent inéquitable. Sur les marchés internationaux, elles perdent des parts de marché. Au sein même du marché unique, elles luttent désormais pour conserver leur rang, accablées d'un fardeau normatif obsolète. La récente appréciation de l'euro face au dollar au-delà du seuil symbolique de 1,20 n'est pas un simple indicateur financier, c'est un signal d'alarme pour notre appareil productif.
Couplée à des accords commerciaux qui accentuent notre dépendance, cette évolution pourrait accélérer la transformation de l'Europe en un vaste marché de consommateurs, plutôt qu'en une puissance de production et d'innovation. À terme, la prospérité même de nos nations et de nos économies est menacée.
Dans ce contexte, l'immobilisme monétaire inquiète. Depuis la mi-2025, les taux directeurs n'ont pas été réduits et le resserrement quantitatif se poursuit, alors même que la croissance demeure fragile et que l'inflation ralentit dans plusieurs États membres, notamment en France. La Banque centrale européenne ne peut se permettre d'agir trop tard. L'histoire économique du continent est jalonnée d'occasions manquées, souvent faute d'anticipation.
Ma question est donc simple, mais essentielle pour nos économies: la Banque centrale européenne entend-elle adapter sa politique pour soutenir l'activité, préserver la compétitivité de nos entreprises et permettre à nos nations de renouer avec la croissance et la puissance? Telles devraient être nos obsessions.
La source —
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